“Options payantes et piètres ventes” : Edilivre, le “business inadmissible”

Victor De Sepausy - 19.07.2017

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L’été est bien installé et les esprits s’échauffent : une pétition particulièrement remontée contre la société Edilivre vient d’être diffusée. Un certain Gaston Michel a décidé de partir en guerre contre la structure, dénonçant le comportement commercial et les méthodes. Oups ?


Edilivre - Salon du Livre de Paris 2015
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

« Les Éditions Édilivre ou Édilivre sont une maison d’édition française créée en 2007 à Paris. Se présentant comme une plateforme de publication collaborative, elle propose des prestations d’édition », explique Wikipedia. L’avertissement semble bien posé : les services d’édition recoupent l’ensemble des opérations qu’un éditeur réalise avant de publier un ouvrage. Cela va de la mise en page à la relecture, en passant par la couverture, et ainsi de suite…

 

Mais ledit Gaston Michel s’en agace : sa pétition, qui sera remise à la Société des Gens de Lettres et à Edilivre, comme promis, prend une voix collective. « [E]n tant qu'auteurs chez Edilivre, nous trouvons inadmissible le business de cette maison d'édition en proposant des options payantes aux auteurs pour de piètres ventes à l'arrivée ».
 

Le dépôt légal de la BnF indiquait dans son dernier rapport qu’Edilivre était le plus important des déposants d’ISBN, loin devant l’Harmattan, Hachette et Gallimard. La structure rentre ainsi dans le groupe de ceux qui effectuent plus de 1000 dépôts d’ISBN dans l’année.

 

Et la pétition de saisir au vol la description que la « maison alternative » revendique pour tacler qu’elle « promet monts et merveilles, mais se cache uniquement derrière cette appellation pour se distinguer de la concurrence alors qu’en réalité il ne s’agit que d’une maison d’édition à compte d’auteur, d’autant plus qu’elle n’assure aucune promotion ».

 

Bim. La pétition réclame ainsi que justice soit rendue pour ceux qui « dépensent dans les frais de publication n’obtenant aucun retour sur investissement soit rembourser (sic) totalement de leurs frais ». Et de prendre son cas particulier, par lequel il a « déboursé 279 € de frais pour uniquement 7 maigres ventes la première année » montant n’autorisant « pas le moindre droit d’auteur à toucher puisqu’il faut atteindre le seuil de 79 € HT ».

 

Impossible de parvenir au seuil minimal, assure Gaston Michel, pour qui l’absence de promotion est de toute manière au cœur de tout le problème. En effet, ajoute-t-il, « il est pour la quasi-totalité des auteurs impossible d’arriver à un tel seuil surtout à cause de leurs prix de vente élevés, la maison profitant donc de marges incommensurables ». La maison ne ferait que « du chiffre sur la naïveté de [ses] auteurs », conclut-il, avant de lister les raisons de la colère.

 

  • – Conditions sur les retours non spécifiées dans le contrat des auteurs. À titre d’exemple sur une commande de 10 exemplaires, le libraire doit en vendre la moitié pour pouvoir prétendre aux renvois en cas d’invendus.
  • – Remise libraire insuffisante de 30 % alors que le minimum exigé par les libraires est de 35 %.
  • – Frais de port onéreux sur Edilivre.com lorsque la part des droits d’auteurs la plus importante a lieu sur ce site.
  • – Les ventes au format numérique ne sont pas proposées ailleurs que sur le site Edilivre.
  • – La plupart des librairies n’acceptent pas les auteurs Edilivre ni pour des commandes ni pour des séances de dédicaces, car manque de courtoisie ou de politesse de leur part selon la librairie Gibert Joseph de Poitiers par exemple.

 

Goncourt toujours, tu m'intéresses

 

Tiens, Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay et René Descartes firent justement leurs études dans cette ville. Gaston Michel, dont on ne trouve par ailleurs aucun ouvrage dans la base de données d’Edilivre, n’a pas pu être joint pour apporter plus de détails. Une grande partie de la communication d'Edilivre repose sur la possibilité de trouver une solution alternative, pour les auteurs qui ont été refusés par des maisons d'édition traditionnelles.

 

La pétition est à cette adresse.

Mise à jour 20/07/2017

David Stut, PDG du groupe AParis, qui possède Edilivre, a répondu aux accusations.




Commentaires
Auto édition : Le prix à payer.

« Des imprimeurs qui se maquillent en éditeurs »

Réflexions à « haute plume » par : Paul UROZ

Qui n’a jamais souhaité un jour au plus profond de son être, se raconter, s’inventer des histoires, témoigner, se confier, se livrer, s’épancher d’états d’âme : par l’écriture ?

Quel doux mirage de se prendre à penser que nous aussi les inconnus de l’entre soi du microcosme livresque, nous les sans non et sans grade de la littérature ; sommes rompus à prendre la plume et la laisser vagabonder au gré de notre imaginaire.

Quelle joie et quelle souffrance en même temps à l’idée de se retrouver seul face à soi-même, de fouiller à l’intérieur de soi, de faire appel à sa mémoire, de réveiller des sentiments, des moments !

Quelle sensation étrange à s’évoquer devant cette feuille blanche qui interroge notre âme, qui la confronte à ce qui est, à ce qui devrait être. À ce que l’on voudrait dire, mais comment le bien écrire sans se trahir ?

Mais, réveille-toi doux rêveur ! Quelle utopie d’imaginer un instant, un instant seulement ne pas vivre dans cette société de plus en plus aseptisée, où il ne fait pas bon s’éloigner des bienpensants, où les gens se jugent au lieu d’essayer de se comprendre, où l’individualisme prend le pas sur toute forme d’altruisme. Société dans laquelle chacun doit bien rester à sa place.

« Vous avez la vanité de vouloir écrire ? Êtes-vous légitime à cette ambition ? »

Quelle insolence d’imaginer un instant, un instant seulement que vous puissiez intéresser un éditeur vous l’anonyme des « tiroirs caisses » de l’édition.

À quoi bon s’exposer, vouloir transmettre, relater, s’exprimer, se salir pendant des heures infinies, se mettre à nu pour que votre manuscrit pourrisse au fond d’un carton ?

Alors on cogite, on conçoit ; on se dit que l’on va quand même noircir des feuilles. Écrire déjà pour soi afin de sortir de l’abréaction de ses sentiments jusque-là refoulés, dans la thérapie d’une catharsis : L’ÉCRITURE.

Les mots s’enchevêtrent les uns aux autres ; chapitre après chapitre le récit prend forme. Que de magnifiques choses, mais aussi que de souvenirs douloureux que de sentiments impossibles à décrire : il faudrait inventer d’autres mots !

Que de travail accompli, la satisfaction du challenge réalisé, la folle envie de partager !

Alors, contre vents et marées, l’on décide de se faire éditer. Non pas que nous soyons persuadés d’avoir « pondu » un chef-d’œuvre, mais ce désir immense de transmettre, de divulguer, de colporter.

***

« Parfait inconnu, premier livre; seule l’édition alternative à compte d’auteur s’intéresse à vous. »

Vous savez, ces sociétés qui vous font miroiter l’illusion que vous êtes important pour eux, que chaque auteur a le droit légitime à faire partager son œuvre ! Ces sociétés qui profitent de votre crédulité, votre candeur. Qui, sous le moment d’euphorie de votre satisfaction d’être allé au bout de votre rêve, de votre challenge, de votre souffrance ; vous expliquent à grand renfort de publicité et de témoignages bidons qu’elles sont votre sauveur: le MESSIE de l’accès au GRAAL du monde de l’édition.

Ces sociétés qui vous éditent « gratuitement » et pour cause lorsqu’il s’agit d’édition à la demande : « Tu paies ton livre : je l’imprime. » Vous voulez une première de couverture de votre choix : vous payez ; vous voulez un résumé de 4e de couverture rédigé par leurs soins (sans qu’ils aient lu le livre) : vous payez ; vous voulez communiquer, diffuser : vous payez, etc... Bon, il ne faut pas rêver, la philanthropie n’est pas d’actualité dans le monde des affaires. Parce qu’il s’agit bien d’affaires et c’est bien normal. Mais ne vous méprenez pas ! Vous les intéressez parce vous allez faire travailler l’imprimerie et que chaque jour, ils vont vous harceler de mails pour vous proposer encore d’autres prestations payantes. Pourquoi pas ? Si vous êtes d’accord ; mais faudrait-il que le travail soit bien fait ? En dehors des prestations « déclaratives » pour lesquelles il n’y a pas de valeur ajoutée et qui sont gratuites elles ; les autres chères, très chères prestations, ne sont pas à la hauteur ni dignes de soi-disant professionnels. De plus, faudrait-il que leurs rapports commerciaux avec les libraires soient sains et courtois. Beaucoup d’entre eux ne souhaitent pas travailler avec ces sociétés. In fine, il faut vous débrouiller seuls. Vous êtes terriblement seuls !

Enfin, faudrait-il que ces sociétés qui ont transformé votre rêve en business aient à leur promptitude à encaisser, celle à décaisser : par exemple en payant les droits d’auteurs en temps et en heure.

Ah ! Triste réalité de notre société où le mélange des genres n’a pas sa place !

Impossible cohabitation entre culture de l’âme et culture du fric. C’est sans doute le prix à payer pour que notre manuscrit puisse être édité ! Et, comme elles disent : « C’est déjà pas mal ! »



Paul UROZ : Les MAUX POUR LE DIRE. Chez Edilivre.
Pour que les Editions EDILIVRE mettent votre ouvrage en valeur, il faut passer à la caisse, (et pas qu'un peu !). Tous les jours, vous recevez des sollicitations de leur part pour être mis en avant... Si vous ne faites rien, il ne se passe rien et, évidemment, vous ne vendez rien ! Si vous mettez fin à votre contrat, vous ne recevez jamais vos droits d'auteur quand ils sont inférieurs à 79 EUROS !!! Bref, EDILIVRE : à EVITER !!!
Bonjour !



Je pense qu'il ne revient pas à une maison d'édition de faire d'un livre un ouvrage à succès avec des moyens publicitaires et promotionnels. Le succès de tout bouquin dépend de l'originalité de la plume de son auteur par le niveau de l'inspiration. Autant votre histoire est intéressante, autant vous avez toutes les chances de charmer vos lecteurs. Autant votre récit est moins intéressant, autant votre livre aura moins de chance de charmer son lectorat. Chaque livre doit pouvoir se frayer son propre chemin vers la cime du succès.Et à propos des maisons d'édition ,il faut reconnaitre après tout que les éditeurs sont des commerçants et l'édition coûte généralement les yeux de la tête.Alors n'en tenez pas trop de rigueur aux éditions edilivre qui n'ont pas inventé la roue de l'automobile. Je pense que edilivre fait déjà un travail de titan pour rendre la publication des livres à la portée des auteurs. En ce qui me concerne,je me contente de la nature du plat servi que de vouloir regarder au fond de la marmite. Je n'ai pas encore trouvé de maison d'édition aussi souple et non exigeante, sans volonté manifeste de vivre avec bombance sur le dos des écrivains que les éditions edilivre. Edilivre est une alternative à l'édition, là où des auteurs ne peuvent trouver aucune terre d'asile après s'être fait rejeter sous dans d'autres univers de la publication des livres.
Je suis entièrement satisfaite par vos offres.
Le succès de tout bouquin dépend de l'originalité de sa plume, dites-vous, certes, mais encore faut-il que les lecteurs aient entendu parler de cet ouvrage. Rages, je pense, sont les amateurs de livres poussant la porte d'une librairie en déclarant:

— bonjour monsieur le libraire, pourriez-vous me proposer un livre dont ni vous ni moi n'avons jamais entendu parler.
Bonjour,



J'ai reçu un mail dans ma boîte Gmail ce matin, m'informant que mon manuscrit à été sélectionné chez edilivre.



En effet, dites moi est-ce que je pourrais avoir un à-valoir si j'exige à la signature du contrat?



Cordialement,

Ibrahima.
Bonjour,



Vous rêviez ? Vous avez dû vous réveiller depuis, je pense. Cette maison d'édition n'en est pas une. Elle ne fait pas le travail qu'un éditeur se doit de faire.
Je n'ai pas de critiques concernant la maison d'édition édilivre. Pour moi le contrat est bien respecté ;les options payantes sont bien lisibles etcompréhensibles. Je ne vois pas de pièges me concernant,chez édilivre nous pouvons toujours comme dans d'autres maisons d'éditions trouver des petites imperfections. Mais le contrat est assez clair. Ce qui n'est pas dans le contrat, peut-être que personne n'y a pensé, mais pour que l'auteur s' en sorte sans perte d'argent, et il veut que des livres se vendent l'éditeur ne serait pas perdant. Le livre si l'auteur n'est pas connu,le livre pas connu,il va vite tomber dans les oubliettes. Pourquoi, pas de publicité, ni d'une partie ni de l'autre

Prix exorbitants. Une solution, plus pour l'éditeur que pour l'auteur.L'auteur achète 20 exemplaires, remise minimum 35%,il en dépose dans plusieurs librairies, le libraire prend 30% il vous reste 5% vos frais de port il ne vous reste rien,à réfléchir?
J'apporte ma pierre à l'édifice de la majorité des auteurs satisfaits des prestations EDILIVRE et de son Equipe , ayant eu une précédente expérience malheureuse avec une maison d'édition tres connue qui m'a < Ponctionn>une somme importante sans tenir aucun de ses engagements .

Je suis à mon 9 eme roman sans beaucoup de vente mais cela est de ma faute , ayant négligé par manque de temps et de moyens d'en faire la publicité .

Perseverer est ma devise . Et comme disait une de mes Consoeurs , j'éprouve déja une grande joie de voir mes ouvrages sur un rayon de ma bibliotheque !

Aussi , je ne suivrai en aucun cas les soit-disant mal-aimés de la profession .

Ils seront toujours gémissants devant les Dieux !

André LEDROIT
Bonjour,

Il est vrai qu'il ne faut pas penser que vous allez vivre de votre plume. Une chose de sur, c'est que pour 0 euros, vous pouvez avoir un livre relié (certes simple, sans couverture spécifique) mais vous n'aurez sensiblement rien si vous vous adressez à des maisons d'éditions qui ont pignon sur rue ou à d'autres qui vous extorquent des sommes considérables.

Moi, je fais mes couvertures et edilivre les adapte à mon livre. C'est payant, j'assume. Mais je vous assure que vous aurez du mal à trouver mieux et je parle en connaissance de cause, nous, auteurs en herbe....
Je suis auteur chez edilivre publier à compte d editeur. Tout ayant été bien expliqué, j ai fait comme nous faisont tous le choix que je préféré. Pour les ventes c est à nous de nous débrouiller par contre un arrangement du site serait bien.
À compte d'éditeur, dites-vous ? Celui-ci confie vos manuscrits à un correcteur j'espère.
Pourquoi vous parlez de chiffres ? On ne mesure pas la bonne littérature avec des chiffres. L'important, c'est d'avoir son livre broché et rangé dans votre bibliothèque, point final. Les grands noms de la littérature sont déjà entrés dans l'histoire, l'époque est classée, je serais déjà très honoré de posséder un exemplaire de mon titre, pour ceux qui ont publié chez Edilivre et commandé !
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