Orthophoniste, un rôle clé dans l'adaptation de livres pour les personnes Dys

Laure Besnier - 16.02.2018

Edition - Société - DYS édition adaptée - orthophoniste édition - Maison édition adaptée


Certaines maisons d'édition se sont lancées dans l'adaptation ou la création d'ouvrages pour les personnes dys : dyslexiques, dysphasiques et autres. Qu'elles y soient entièrement dédiées ou y consacrent une collection, elles s'aident souvent d'un orthophoniste qui incarne le rôle crucial de conseiller.  


Apedys, association de parents d’enfants dyslexiques

Frédéric Bisson, CC BY 2.0


 

Les personnes dites Dys (dyslexie, dyspraxie, dysphasie...) peuvent avoir une relation pénible à la lecture. « Difficultés à rentrer dans le décodage, confusions de sons, difficultés d’identification des mots, à plus long terme, elles gardent une lenteur de lecture », indique Monique Touzin, orthophoniste sur Paris. 

 

Elle travaille notamment pour le dispositif Paris Santé Réussite qui lutte contre l'illettrisme, les troubles des apprentissages et les inégalités sociales de santé. Son activité principale consiste à dépister les enfants de CP-CE1 d'écoles partenaires en difficultés puis à rééduquer ceux qui ont des troubles du langage oral, écrit ou encore des troubles de la cognition mathématique. 

 

Les troubles des personnes Dys peuvent donc altérer leur compréhension écrite. « Associée très souvent à la dyslexie, une dysorthographie, avec les mêmes erreurs qu’en lecture sur l’identification des sons et les conversions en lettres, provoque des erreurs de segmentation de mots, des erreurs sur les homophones et des difficultés à acquérir le lexique orthographique, très complexe dans notre langue », explique Monique Touzin. 

 

Difficile de lutter contre la dyslexie, d'autant plus que ses origines sont encore obscures. Si deux physiciens pensaient en avoir découvert la source — la symétrie des « centroïdes de la tache de Maxwell », des récepteurs de lumière présents dans les yeux —, l'orthophoniste nous précise que des chercheurs en neurosciences leur ont demandé de cesser la médiatisation de cette étude, cette dernière ne contenant pas de « résultats scientifiques probants (pas de recul, pas assez de sujets, population peu définie) ». 

 

Pour elle, « les origines les plus fréquentes de la dyslexie sont phonologiques (traitement du son) et non visuelles ». Elle nous signifie que son corps de métier est formé sur des approches neuropsychologiques, « prenant en compte les avancées des neurosciences sur les procédures de lecture ».

 

Nos étoiles contraires de John Green

en version adaptée pour lecteurs dys


Monique Touzin a travaillé avec des maisons d'édition, notamment Rageot, pour créer des ouvrages palliant toutes ces difficultés. Son rôle ? Décrire les difficultés que peuvent rencontrer des personnes Dys ou des « enfants mauvais lecteurs » et travailler à l'adaptation de forme sur les textes pour que ces derniers « gardent le plaisir de lire ».

 

Dans le détail « il faut garder un récit clair dans sa structure et son vocabulaire (sans trop simplifier non plus), aérer le texte avec une police assez grosse, avoir des pages teintées pour éviter un contraste trop important avec l’encre noire, avoir un déroulé de l’histoire simple pour que les enfants ne se perdent pas dans des allers-retours compliqués, éviter des implicites trop difficiles à comprendre... »

 

La difficulté est de trouver un juste milieu pour ne pas trop simplifier le texte. Par exemple, pour des passages dits implicites, les enfants ont besoin de certaines références ou informations qu'ils ne possèdent pas encore, du fait de leur âge. Il serait donc recommandé de les supprimer. 

 

L'âge du public est décisif : « La difficulté est de ne pas infantiliser les plus grands et de leur donner aussi des textes qui enrichissent leur langage, leur vocabulaire. Pour les plus grands, on simplifie moins le vocabulaire ou les structures syntaxiques, on laisse de l’implicite pour les préparer à la lecture de textes plus compliqués. Il faut les aider à progresser et à pouvoir aborder une littérature des enfants de leur âge », raconte Monique Touzin. 

 

HandiBib, des ressources pour des
bibliothèques accessibles


En plus des livres imprimés édités par les maisons d'édition, le filon numérique pourra être exploité pour la nécessité d'adaptation : ils permettront l'accès à des indications (sens des mots, prononciation) si nécessaire. « Cela permettrait de créer des livres avec des adaptations que l’enfant peut gérer selon ses besoins », conclut l'orthophoniste. 


Commentaires

Effectivement, la dyslexie peut avoir certaines composantes visuelles, et c'est pour cela que les orthophonistes conseillent parfois de consulter un orthoptiste. Vous n'avez pas complètement tort... mais la dyslexie n'est pas un problème ophtalmologique.

Ainsi que le dit mme Touzin dans l'article ,«les origines les plus fréquentes de la dyslexie sont phonologiques (traitement du son) et non visuelles».

La formation en orthophonie dure cinq ans et elle est dépendante d'une université de médecine. Elle est donc bien différente de celle des psychologues qui sont formés à la faculté de psychologie.

Mais je connais effectivement une orthophoniste qui a un psy dans sa famille. Encore une fois vous n'avez pas complètement tort...
La cause des dys est connue: c'est l'hétérophorie. Et le pire c'est que c'est connu depuis fort longtemps.

Voici quelques extraits, pour vous prouver qu’il s’agit bien d’un problème médical :



Page 859 :

« L’apparition dans le champs visuel de deux images semblables constitue pour le sujet un des phénomènes les plus perturbateurs. Toutes les relations de positions entre le sujet et les objets qui l’environnent sont tout d’un coup altérées ou perverties ; et ce trouble est surtout sensible en face du sujet, aux environs du plan vertical médian (sagittal) où les images doubles sont moins écartées, et auquel se rapportent plus particulièrement les données géodésiques ou d’orientation qui permettent à l’individu de se mouvoir dans l’espace.

La confusion que fait le sujet entre les deux objets semblables qui attirent son attention donne lieu à de continuelles erreurs, rend incertains tous ces mouvements, et jette dans sa vie de relation une indécision qui le trouble jusqu’au vertige.

Que fait le sujet ? L’instinct lui apprend qu’en tournant la tête et les regards dans un certain sens, les objets situés sur la ligne médiane et ceux qui avoisinent cette ligne, et qui auparavant, lui paraissaient doubles, sont ramenés à l’unité. Il adopte donc cette nouvelle attitude qui, tant qu’elle est maintenue, lui restitue sa faculté d’orientation et le délivre de son vertige. »

(…)

« Le sujet a encore à sa disposition un autre moyen de se débarrasser des images doubles, c’est de fermer un œil. »



Page 896 :

« Le malade y voit singulièrement : trouble, double ; il ne sait l’expliquer ; sa vue tremblote, les mots ou les lettres sautillent ou s’entrecoupent, se superposent ; mais la vision devient relativement nette en fermant un œil.

On reconnaîtra là un symptôme de trouble dans l’association binoculaire, (…)»



Source : « La vision et ses anomalies » par le Dr Giraud-Teulon, ophtalmologiste, membre de l’académie de Médecine, 1881.



Ok : le style est un peu poussiéreux mais ne trouvez vous pas cela bien plus clair, plus compréhensible que de nombreuses publications contemporaines?

À l’époque, déjà, ils tentaient de soigner les hétérophoriques mais il manquait une invention pour gagner en efficacité.

Il existe d'autres publications scientifiques expliquant les troubles des dys. Les sciences sont reproductibles, vérifiables, pas les travaux littéraires.



Les orthophonistes, cousin des psy de part leur formation, ne sont pas très bien placés pour s'occuper de ce problème ophtalmologique. Ils ne font, au mieux, que de la compensation de handicap. C'est une profession de PARA-médicaux (comme les infirmiers), pas des médecins, ils devraient s'exprimer un peu moins sur la cause des dys.

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