Ottawa demande la destruction de Little free library : pourquoi tant de haine ?

Nicolas Gary - 17.09.2016

Edition - Bibliothèques - little free library - bibliothèque prêt public - Ottawa Canada bookcrossing


Les Free Public Libraries de la ville d’Ottawa ont fait l’objet d’une plainte menaçant leur existence. Ces boîtes à livres ouvertes à tous n’auraient pas droit de cité, enfreignant un règlement de la capitale canadienne. Ambiance...

 

Little Free Library - Green Parrot in Key West

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Le couple Golding habite sur Oxford Street, dans le quartier de Hintonburg. Voilà quatre ans, ils ont monté une Little Library, et chaque année en ont ajouté une pour répondre à la demande grandissante. Une boîte, posée sur un pilotis, une petite porte-fenêtre pour protéger des intempéries et des livres que chacun peut emprunter, remettre ou même enrichir. 

 

Ce principe de bookcrossing est connu depuis des années, mais manifestement, les autorités d’Ottawa ne les apprécient pas : elles empiètent sur le trottoir, qui appartient à la ville. 

 

« Je trouve cela ridicule. Il m’est impossible d’imaginer quelque chose de nuisible dans cette idée de boîtes à livres gratuits et je ne peux pas imaginer qu’une personne s’opposerait à ce que les gens partagent des livres – c’est déjà devenu une sorte de bien commun », explique un riverain qui a lui-même ouvert la sienne. 

 

Le problème vient de ce que ces boîtes sont placées sur la voirie, et que la ville est tout à fait dans son droit, en réclamant leur disparition. Mais qu’est-ce qui peut bien motiver un pareil choix? L’avis municipal a intimé aux Golding de faire disparaître avant le 16 septembre, ou les services de la ville s’en chargeront et le factureront au couple.

 

 

 

Pourtant, dans le quartier, tout le monde apprécie ces boîtes. Et l’on comprend d’autant moins qu’Ottawa est officiellement favorable à ces petites bibliothèques collectives. Ottawa avait bien encouragé la construction de projets communautaires... Comment être passible d’une amende pour un objet que la ville a même pu encourager? Eh bien, tant qu’elles restent sur le terrain des habitants, pas de problème : on en installera autant qu’on le souhaite, mais dans son jardin.

 

Le problème vient aussi de ce qu’un appel anonyme a dénoncé l'existence de ces boîtes. Selon la plainte, il traînait par ailleurs des vélos, un kayak, qui débordaient de la propriété. Mais les bibliothèques restaient le problème majeur – attendu qu’en théorie, pour occuper la voirie doit faire l’objet d’une demande spécifique.

 

Vers un permis d'occuper la voirie pour projets communautaires

 

L’histoire finira cependant avec un semi-hapy end : les Golding ont obtenu de la mairie un délai leur permettant une mise en conformité. Les bibliothèques n’auront pas à être détruites, mais déplacées pour ne plus déborder sur la voie publique – avec une distance de 3 mètres à respecter par rapport au trottoir.

 

 

 

Selon Mimi Golding, titulaire d’une maîtrise en bibliothéconomie, près d’un millier de livres ont circulé dans ses quatre bibliothèques. L’intervention de Jeff Leiper, conseiller de la région aura certainement joué, assure-t-elle, pour que les Golding puissent obtenir gain de cause, même partiellement. 

 

D’ailleurs le conseiller souhaite instaurer un permis de construction spécial, qui légiférerait sur les projets communautaires. Une idée pourrait se concrétiser dans les prochains temps. 

 

 

via CBC, Ottawa citizen




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