Oublier de rendre ses documents à la bibliothèque pourra conduire en prison

Cécile Mazin - 05.09.2016

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Les usagers de la Bibliothèque d’Athens-Limestone, dans l’Alabama doivent se terrer chez eux. L’établissement a changé sa politique sur les retours de livres : en cas de retard, et d’amende, si l’utilisateur ne peut pas payer, il ira en prison.

 

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(the_kid_cl, CC BY 2.0)

 

 

« Nous avons trop de livres en circulation qui ne sont pas ramenés. Des gens attendent avec plusieurs centaines de dollars d’œuvres qui sont chez eux », s’impatiente Paula Laurita, directrice de la bibliothèque. Selon les estimations de l’établissement, près de 200.000 $ de documents sont retenus en otage chez des usagers peu consciencieux...

 

Alors, aux grands maux, les grands remèdes : quelque chose devait changer, et, en dépit des efforts de l’établissement, la situation n’a pas beaucoup évolué. « Ce n’est pas notre première étape. Notre premier pas, c’est d’avoir une bonne relation avec nos usagers et de leur rappeler de tout ramener », poursuit la directrice.

 

Sauf que cela n’a pas fonctionné. Alors on se retrousse les manches. En cas de retard, un SMS ou un email viendra faire une première piqûre de rappel. Ensuite, une lettre recommandée sera expédiée, avec 10 jours pour régulariser la situation. Au terme de ces deux alertes, une citation à comparaître sera émise. 

 

Et c’est ici que l’on arrêtera définitivement de rire : une grosse amende pourra découler de ce courrier, et, dans les cas les plus extrêmes, une peine de prison. 

 

« Il est important pour la bibliothèque de continuer à fonctionner correctement, de la manière dont nous avons tous apprécié qu’elle ait fonctionné, ces dernières années, et depuis que je suis petit. Je sais qu’il est important que cela se poursuive, tout aussi bien pour mon petit garçon », assure un usager de l’établissement.

 

Ce qui agace par-dessus tout la directrice, c’est la nonchalance des usagers. « Parfois, nous entendons : “J’ai prêté ma carte de bibliothèque à mon cousin.” J’ai simplement envie de leur demander : “Prêteriez-vous votre carte de crédit à votre cousine ? Et si elle s’achète pour 700 $ de vêtements, et que vous êtes en charge de payer l’addition, que feriez-vous ?” Certains peuvent dire que ce n’est qu’un livre, mais quand 300 ballons de basket disparaissent d’un centre sportif ? Nous n’agissons pas de la sorte pour nous, mais pour toute la communauté. »

 

Le principe n’est toutefois pas unique aux Etats-Unis : en avril dernier, deux habitants du Michigan encouraient une peine de prison de 93 jours – et 500 $ d’amende – pour n’avoir pas rendu à temps leurs documents. Et avoir fait la sourde oreille aux différentes relances de l’établissement.

 

Le chef de la police de la ville, Floyd Johnson, explique qu’au cours des années passées, plusieurs arrestations pour des retards sur des livres ont eu lieu. Mais jamais la ville n’a généralisé ce genre de fonctionnement. Reste à savoir quand l’établissement mettra en place sa nouvelle politique...

 

Peut-être que Judge Dred pourra donner un coup de main...

 

via eNewsCourrier, Oddity Central