Ouvrir les Fnac le dimanche, "cela crée aussi du lien social en centre-ville"

Cécile Mazin - 17.11.2014

Edition - Economie - Alexandre Bompard - Fnac services vente - culture économie fiscalité


Le PDG de Fnac, Alexandre Bompard, assure que son groupe est « dans une bonne dynamique », alors que la saison des fêtes se profile. Avec une progression de 4,7 % du chiffre d'affaires durant le 3e trimestre, la société voit enfin les résultats des différentes décisions : ouvertures de magasins, autant que nouveaux produits proposés.

 

 Alexandre Bompard - Prix du Roman Fnac 2014

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Se centrer sur le client et ses attentes représente l'impératif premier, souligne le PDG de Fnac, dans Les Échos. Alors que la crise de la consommation implique que les ménages se montrent plus regardants sur leurs dépenses, Fnac doit « promettre à [se]s clients, à [se]s adhérents, qu'ils feront une bonne affaire chez nous ». Autrement dit, répondre à « la guerre des prix » en s'adaptant pour « arrêter de la subir ».

 

Pour introduire de nouveaux produits, l'enseigne aura donc fait preuve « de pédagogie et de démonstrations que seuls les magasins physiques pouvaient assurer ». Des emplacements aujourd'hui particulièrement valorisés, alors que le cybercommerce poursuit sa croissance. De quoi fluidifier les relations commerciales et « négocier de meilleures conditions d'achat », ou encore disposer d'exclusivité auprès des fournisseurs. 

 

Aujourd'hui, Fnac considère le commerce en ligne avec une attention particulière, attendu qu'il représente un concurrent de premier ordre. Mais dans le cas d'Amazon, par exemple, le PDG constate que « l'incontestable leader mondial de l'e-commerce n'est pas rentable sur son cœur de métier ». Pas vraiment rassurant, à long terme, mais de quoi susciter quelques interrogations.

 

Sur l'avenir, Alexandre Bompard promeut bien entendu le principe défendu par Fnac depuis quelque temps, celui d'une vente multicanal, parvenant à mêler réellement internet et magasins physiques. « Ce nouveau modèle monte rapidement en puissance : aujourd'hui, 35 % des ventes sur Fnac.com sont reliés d'une façon ou d'une autre au magasin », note-t-il. 

 

Si le changement a pris un peu de temps, ses résultats seraient donc manifestes désormais, mais pas sans une implication politique. Il s'agit notamment de réglementer, pour réguler les échanges, et assurer une égalité fiscale, que le PDG de Fnac avait fermement défendue dans les colonnes de ActuaLitté. Et de revenir sur la question, en évoquant les accords fiscaux passés entre Amazon et le Luxembourg, qui aujourd'hui ont des conséquences sur une multitude de commerces.

 

Parmi les modifications du travail, la possibilité d'ouvrir le dimanche fait partie des enjeux premiers : 25 % du chiffre d'affaires d'Amazon serait réalisé le dimanche, assure le patron de Fnac. « Ouvrir le dimanche des magasins culturels dans lesquels les gens peuvent se promener, feuilleter des livres, cela crée aussi du lien social en centre-ville », promet-il. Non sans que les salariés soient rémunérés en conséquence, bien entendu. 

 

Or, les éditeurs doivent prendre conscience que le vendeur américain « n'a pas vocation à être un acteur culturel engagé ». Dans le même temps, il dénonce aussi les solutions des streaming, dont la croissance « est portée par des modèles financés par la publicité ou des opérateurs de téléphonie, et il ne permet pas une juste rémunération des acteurs de la filière ». Il s'agit ici de musique, bien entendu. 

 

L'offre numérique présente des avantages, certes, mais reste encore loin de représenter « un relais de croissance solide ». Le monde physique a donc encore de beaux jours devant lui.