Oxford et Cambridge Press attaquent l'université de New Delhi

Xavier S. Thomann - 19.03.2013

Edition - International - Cambridge - Oxford - University Press


L'Inde a beau être un pays en pointe dans les nouvelles technologies, l'une de ses universités revend, en accord avec un magasin, des photocopies de manuel scolaire. Pas de piratage numérique complexe, mais une méthode bien connue pour distribuer des livres à peu de frais. Les deux presses universitaires en question, Oxford et Cambridge, ne plaisantent pas, et réclament 110,000 dollars de dommages et intérêts. 

 

 

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ptwo, CC BY 2.0

 

 

Oxford University Press et Cambridge University Press, ainsi que Taylor & Francis poursuivent donc l'université de New Delhi pour atteinte au copyright. Ils accusent un magasin de reprographie d'avoir constitué des dossiers de textes scolaires en les puisant dans des manuels édités par les deux éditeurs universitaires. 

 

Bien évidemment, l'université et le magasin ont revendu ces dossiers à des prix inférieurs à ce qu'ils valent vraiment. Ce qui a des conséquences importantes pour les deux éditeurs ainsi que les auteurs, comme l'explique le responsable de Cambridge University Press India, Manas Saikia. 

 

Ce dernier a expliqué à Al Jazeera : « quand de tels dossiers sont disponibles, nos livres ne se vendent plus - même les bibliothèques cessent d'acheter plusieurs exemplaires, ce qui se répercute sur les revenus des auteurs et les retours des éditeurs.» 

 

Plusieurs universitaires soutiennent la plainte déposée par les maisons d'édition concernées. Mais le vrai problème n'est pas là : ce non-respect des droits d'auteur témoigne avant tout d'une demande croissante de la part des étudiants, plus nombreuse qu'auparavant dans les pays en développement ou en forte croissance. 

 

En effet, les ouvrages dont il est question ici ne sont pas très bon marché. Difficile dans ce cas de jeter la pierre à des étudiants qui se les procurent par d'autres moyens, afin de faire des économies. Dans bien des cas, ces livres sont trop chers compte tenu leur budget. Cette forme de piratage est donc le seul moyen pour eux d'accéder à des contenus essentiels. 

 

De l'autre côté, les éditeurs ont bien conscience du manque à gagner, surtout dans le cadre d'un marché en grande croissance. Ils entendent bien avoir gain de cause, afin de pouvoir s'assurer une bonne place sur les marchés émergents. L'idée serait de mettre en place un système de licences pour les livres en question, mais cela demeure une solution coûteuse pour les étudiants et les universités.