Page Turner : l'éditrice Angelika Taschen raconte une vie et des livres

Lauren Muyumba - 10.06.2013

Edition - International - Angelika Taschen - Nowness - Joe McKendry


L'éditrice allemande Angelika Taschen a créé un album illustré rétro intitulé Page Turner, où elle met en valeur ses romans préférés et montre en image la place qu'ils ont tenue dans sa vie. Les illustrations sont signées Joe McKendry. L'éditrice a grandi entourée d'auteurs allemands reconnus, comme Siegfried Lenz et Sarah Kirsch qui allaient régulièrement rendre visite à ses parents dans leur librairie de Bonn (Allemagne).

 

Nowness.com

 

Dans Page Turner, Angelika Taschen raconte son amour pour la littérature : « J'ai toujours su que ma vie ne serait jamais ennuyeuse tant qu'il y aurait autour de moi des livres qui m'inspirent ». À travers les pages, l'éditrice montre les lieux où elle a lu des livres qui l'ont particulièrement marquée.Tristan de Gottfried von Strassburg lui rappelle un camping en Angleterre où elle était allée avec sa fille. « J'étais en train d'étudier la littérature germanique à ce moment-là. Le livre était écrit en allemand médiéval. J'étais fascinée par sa poésie et sa simplicité. »

 

Le site culturel Nowness, une vitrine d'art, de mode, de voyage et de gastronomie, a diffusé les images de ce livre original.

 

Souvenirs de voyages, de moments gais, ou de périodes plus difficiles, les images retracent sa vie et ses escapades littéraires à travers des livres de styles différents. The Drinker d'Hans Fallada, est un livre « triste à propos d'un homme alcoolique qui a eu un beau mariage, un bon travail, mais qui s'est détruit en buvant », qu'elle a lu au Sri Lanka. D'autres romans apparaissent parmi les dessins tels que Les Misérables de Victor Hugo qu'elle a découvert dans un hôpital de Cologne; The Loser de Thomas Bernhard, lu dans son lit à Berlin, Every Man Dies Alone d'Hans  Fallada lu en Grèce ou encore The Allure of Chanel de Paul Morand qu'elle a dévoré dans un avion.

 

Les livres dans les gènes

 

Les racines de sa passion pour les livres ont commencé à pousser en 1872, lorsque son grand-père Hermann Behrendt a ouvert une librairie de livres d'art à Bonn. Cinq générations après, l'amour familial pour les livres est intacte, et l'entreprise est toujours sur pied.

 

L'année dernière, elle a créé sa société Angelika Publishers à Berlin, qui est une maison d'édition indépendante s'intéressant uniquement à quelques titres en particulier par an, sur les thèmes de l'art, de l'architecture, de la photographie et du design. Avant cela, elle a travaillé pendant 23 ans avec son ex-mari Benedict Taschen, l'éditeur qui a créé à 18 ans la maison d'édition Taschen en 1980.

 

Angelika Taschen a étudié l'histoire de l'art et la littérature allemande à Heidelberg. Chez Taschen, elle étudiait depuis 1987 de nombreux ouvrages d'architecture, de photographie, de design et d'art contemporain. La société basée à Cologne est devenue une icône mondiale des livres d'art et a aujourd'hui des bureaux un peu partout dans le monde.

 

Connu pour sa fourchette de prix haut de gamme, le livre SUMO du photographe Helmut Newton avait été vendu à un prix faramineux lors d'une vente aux enchères : 32 000 dollars. On imagine qu'elle vise la même qualité et la même exigence en développant sa propre maison d'édition.