Palestine : un écrivain censuré, son roman confisqué pour indécence

Clément Solym - 08.02.2017

Edition - International - palestine censure roman - Abbad Yahya - Un Crime à Ramallah


L’auteur Abbad Yahya alerte la communauté internationale : son dernier roman, Un Crime à Ramallah, a été confisqué par les autorités palestiniennes, en Cisjordanie. L’ouvrage est mis en cause parce qu’il contient des termes indécents et portant atteinte à la moralité publique.

 

 

 

Sur décision du procureur général Ahmed Barak, le roman a été interdit, et l’ensemble des exemplaires disponibles a été confisqué. En l’espace de 24 heures, la police s’est mise en quête des livres à travers les différents points de vente et les bibliothèques. Il s’agit d’un événement sans précédent, assure l’AFP, sur la scène culturelle palestinienne.

 

Pour l’auteur, cette situation est délirante : il évoque bien entendu une violation de la liberté d’expression et d’opinion. Et comme le bureau du procureur a refusé de commenter sa décision, puisque l’affaire est en cours, toutes les interprétations restent permises.

 

L’auteur doit être entendu pas la justice, et son éditeur, Fouad al-Aklik, avait été arrêté le 6 février, puis libéré le lendemain, suite à un interrogatoire.

 

Toutefois, il assure ne pas vouloir « interférer avec la liberté d’opinion ni d’expression, garantie par la loi palestinienne ». Pour autant, les parutions doivent respecter les principes moraux et l’éthique, qui régiraient manifestement l’exercice de la liberté d’opinion.

 

Mais que reproche-t-on à l’ouvrage, concrètement ? Eh bien, des termes considérés comme obscènes, principalement. Mais Abbad Yahya estime que cette analyse reflète en réalité une lecture lacunaire et fragmentaire de son texte – le quatrième qu’il fait paraître.

 

 

 

La décision administrative intervient conformément à l’article 47 de la loi palestinienne sur les publications. Elle pourrait cependant être annulée par différents ministères, si ces derniers décidaient de s’intéresser à l’affaire. « La mission des instances de l’État est de préserver les intérêts de sa communauté, et la morale publique ne saurait être un motif pour restreindre la les libertés », s’indigne-t-il sur les réseaux.

 

Il déplore surtout, et questionne, la vitesse à laquelle la décision d’interdiction a été prise. « Je suis étonné et inquiet de la réalité de la liberté de création et de diffusion de l’écriture, et vraiment choqué que les choses se passent de cette manière », poursuit-il.

 

Depuis le 6 février, l’écrivain ne cesse de lancer des appels et apporter des précisions, depuis sa page Facebook. De nombreux messages de soutien lui sont parvenus au cours de ces dernières journées. « Je pense, et c’est valable pour tous mes amis qui travaillent dans le domaine culturel, que nous sommes confrontés à un défi, sans précédent, et la position de chacun doit être nécessairement claire. [...] Personne n’acceptera que les œuvres de la littérature et de la culture en Palestine soient opprimées et confisquées. »




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