Panique au Québec : 2015, année horrible pour le livre ?

Cécile Mazin - 16.04.2015

Edition - Economie - Québec livres - ventes industrie - édition librairies


Entre 2013 et 2014, les ventes de livres ont diminué partout chez les revendeurs québécois. De 688,1 millions $ CA, on passe à 622,4 millions $ CA de chiffre d'affaires pour l'ensemble du secteur. Près de 10 % de pertes, avec un impact particulièrement fort dans les librairies. 

 

 

Quebec City - Fortification Wall

David Ohmer, CC BY 2.0

 

 

Cette semaine, l'Observatoire de la Culture et de Communication du Québec vient de sonner l'alarme. Connues depuis février dernier, et consolidées dans le cadre d'une mise à jour, les ventes de livres sur le territoire québécois pourraient ne pas dépasser les 600 millions $ CA pour cette année 2015, si la tendance se poursuit. 

 

Ce qui marque tout particulièrement, c'est la perte dans les librairies, qui passe de 442,1 millions à 397,7 millions $ CA, soit plus de 11 % de recul. Mais dans la grande distribution, c'est un véritable carnage : 24,2 % de pertes de chiffre d'affaires, pour les grandes surfaces – auxquels on pourrait ajouter les 8 % des autres points de vente de Grande distribution. 

 

Il faudrait certainement invoquer l'absence de best-sellers pour expliquer un peu la tendance, mais la chute des derniers mois de l'année laissait de toute manière envisager que 2014 serait complexe. 

 

Sur le mois de janvier 2015, l'industrie affiche 45 millions $ CA contre 49,1 millions $ CA en 2014 – une continuité inquiétante dans la régularité des pertes. 

 


 

 

L'année 2013 avait par ailleurs sauvé les meubles : avec ses 688 millions $ CA de chiffre d'affaires, « Les librairies à succursales et les librairies en milieu scolaire affichent des hausses respectives de 3,4 % et 6,4 % en 2013, tandis que les librairies indépendantes voient leurs ventes chuter de 7,0 %. De 2009 à 2013, la croissance annuelle moyenne des ventes de livres par l'ensemble des librairies est légèrement négative (- 0,5 %) », écrivait l'institut de la statistique.

 

En 2012, les ventes avaient accusé une chute toutefois moins impressionnante qu'entre 2013 et 2014. (via Radio Canada)