Papier et numérique ne sont que des supports d'une histoire

Clément Solym - 28.01.2011

Edition - Société - lecture - decouverte - livre


Nous publions depuis hier un feuilleton-réflexion, d'un auteur sur le rapport au texte, au format et plus globalement à l'écriture. Précédemment, quelques remarques liminaires sur l'oeuvre numérique de cet auteur.

Chapitres précédents

Tous les enfants qui grandiront avec la possibilité de lire au format numérique en feront une norme. Mais le papier à encore de longues années devant lui pour de nombreuses raisons :

La dépendance des lecteurs. Chaque jour, j’ai le droit à un refrain que je ne critique pas et que je comprends : « J’aime le papier, j’aime sentir l’odeur de l’imprimerie, sentir les feuilles glisser sur mes doigts… ». Mais je sais que ces mêmes personnes liront un jour, pour voir, sur une tablette et y deviendront dépendantes. Car, j’en suis certain, le papier comme le numérique ne sont que les supports d’une histoire.

C’est le contenu qui créera le plaisir. C’est lui qui donne une saveur, une dimension au support. Pour l’instant, je pense que ces gens n’aiment pas vraiment le livre papier, mais ce à quoi il renvoie : les souvenirs des premières lectures partagées avec les parents, les premiers chocs littéraires, le livre poche dans le sac d’écoles… Alors, oui, il y a ceux qui aiment posséder, comme moi. J’aime avoir mes livres préférés à portée de main, même si je sais intérieurement qu’au vu de ma liste de romans à lire d’urgence, je n’aurai sans doute pas le temps de les relire un par un.

Mais il y a aussi tous ses livres que j’emprunte et que je rends immédiatement à la fin de la lecture (qu’ils soient bons ou mauvais).

Le livre papier est le meilleur outil de promotion du livre numérique. Il est partout ! Donc forcément beaucoup plus visible, pas besoin de faire une recherche. Certains ouvrages s’imposent directement à l’esprit, et ce sont d’ailleurs ces mêmes romans que l’on retrouve en premières pages des stores numériques. En fait, les éditeurs numériques devraient imprimer des fac-similés de leurs romans pour les installer sur les tables des librairies et des Fnacs…

L’économie de marché. Faut pas rêver, le livre numérique ne rapporte pas suffisamment (pas encore en tout cas). Un auteur à succès ou simplement édité en papier n’a rien à gagner en sortant un livre 100 % numérique. Et si certains le font, c’est sous forme de nouvelles pour laquelle ils font très peu, voire pas, de promotion. Cela donne un côté secondaire au livre numérique. Et ça n’incite pas les éditeurs historiques à créer des collections uniquement numériques. C’est dommage, cela pourrait redonner vie à une sorte de prépublication.

À suivre...


Hieronymus Donnovan est né en 1980 dans une ville minière du Pas de Calais. Dés son enfance, il est passionné de lectures, de jeux vidéo et de cinéma bien plus que par l'école. Celle-ci passe au second plan : ses cours principaux, il préfèrera les suivre au cinéma, au vidéo-club et à la médiathèque. Très tôt, il se met à écrire, tout d'abord des scénarios dans la lignée des films hollywoodiens ou des séries américaines. Il est notamment le créateur de L'Agence des mystères, une série française digne héritière d'Aux frontières du réel et injustement boudée par les chaînes françaises !
www.hieronymusdonnovan.com