Parce qu'on en a jamais trop, des livres vendus aux kilos

Clément Solym - 30.07.2012

Edition - Librairies


Alors que l'édition espagnole se débat dans un marasme financier au bout duquel semble poindre la banqueroute, vendre les livres aux kilos est-il moral ? Une librairie du centre de la capitale hispanique dit sí et propose aux lecteurs de fouiner à l'envi avant de passer sur la balance.


 

Scales

(auteur : chrisinplymouth

 

 

Pas de conversion alambiquée ou de taux de change incompréhensible : 100 grammes équivalent à 1€ et, logiquement, 1 kilo équivaut à 10 €. Tous les titres sont confondus, ce qui de la librairie un endroit régulièrement visité par les collectionneurs en tous genres, avec l'espoir d'y trouver la perle rare cachée sous des piles de titres plus passables.

 

La librairie La Casqueria, installée dans le marché San Fernando, a été mise sur pied par 6 personnes, et aucun vendeur de livres : un biologiste, deux profs, un journaliste, un spécialiste en sciences politiques, et un travailleur du cuir. Des lecteurs n'ayant pas la prétention de se nommer libraires, mais désireux « d'ouvrir de nouveaux terrains pour le désir, pas déterminés par la nouveauté ou la mode, mais par la valeur de son usage ».

 

Il y a aussi des vues écologiques derrière ces ventes aux kilos, avec un recyclage et une nécessaire décroissance en ligne de mire : « Ce qui n'intéresse pas un lecteur en fascinera un autre. Laissons-les évaluer eux-mêmes le contenu », assure Rachel, qui tient la librairie quelques heures par semaine. Une autre approche du métier de vendeur de livres, basée sur la matière (papier, encre, fil, carton...) et clairement assumée.

 

De grands bacs vous attendent, où chercher pendant des heures les titres les plus lourds : La Casqueria, le bon endroit où ne plus courir après les aiguilles de deux cadrans.