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Parents et enfants : le papier des livres, plus chaleureux

Clément Solym - 19.09.2012

Edition - International - parents - enfants - lecture


Toute la famille réunie au coin du feu, une douce couverture sur les genoux, les enfants écoutant sagement la voix paternelle (ou maternelle, soyons pas misogyne), qui, livre dans les mains, raconte une belle histoire... L'image est d'autant plus touchante qu'elle est vraie, rapporte une étude présentée par Digital Book World. En effet, parents et enfants préfèrent les livres imprimés, quand ils se retrouvent ensemble pour lire.

 

Le centre Joan Ganz Cooney de Sesame Workshop, est une organisation à but non lucratif. Et dans leur dernière étude, les comportements de lecture sont minutieusement examinés. Ainsi, les 3/4 des possesseurs d'iPad préfèrent un ouvrage papier plutôt que des ebooks, pour lire à leurs enfants - et plus de la moitié des enfants répondent la même chose. Accessoirement, près de 40 % des enfants et 20 % des parents lisent l'un et l'autre format sans distinction.

 

L'interaction parentale autour de la lecture est primordiale, explique Michael Levine, directeur du Centre. Les enfants ont expérimenté la lecture par leurs parents, avec des livres papier, et conservent des souvenirs heureux de ces moments. Toute une chaleur humaine qui passe à travers le livre, selon Levine, pour qui ce cycle peut s'étendre sur plusieurs générations. Mais face au désintérêt pour les livres, les tablettes peuvent être un moyen d'attirer les jeunes et accessoirement, d'inviter les éditeurs à produire des contenus.

  

 

 

 

Le fait que les parents préfèrent encore lire en papier pour leurs enfants est significatif : la relation à l'objet est toujours importante, et l'on sent une forme de défiance vis-à-vis des machines, dont les enfants se servent facilement pour des jeux vidéo, par exemple. Un réflexe de méfiance accentué par le fait que les livres pour enfants enrichis sont souvent des éléments distrayants - au point que l'on puisse en perdre l'attention de l'enfant. 

 

Levine est assez raccord avec ce point. « Il existe des problèmes avec bon nombre de livres numériques qui engendrent des distractions. Ils peuvent être très immersifs, mais peuvent aussi être une source de divertissement pour les jeunes enfants. » 

 

Raison de plus pour que les éditeurs fassent leur travail, et prennent en compte non seulement ce nouveau marché, mais surtout, les enjeux ; mettre trop de petites animations ou des sons de cloche, et ainsi de suite représente un risque pour l'attention des enfants. De quoi également comprendre pourquoi les parents préfèrent encore les livres papier, moins sujets à émettre des sons incongrus ou inopinés. 

 

Le Centre avait d'ailleurs déjà pointé le fait que les enfants assimilent moins bien leurs lectures, quand elles sont réalisées sur des appareils de lecture numérique. « L'ebook enrichi est moins efficace que la presse écrite et les ebooks classiques, qui profitent davantage des atouts d'une lecture commune », soulignaient les chercheurs Cynthia Chiong, Jinny Ree, Lori Takeuchi et Ingrid Erickson. En effet, quand les adultes accompagnent leur progéniture dans la lecture, celle-ci, face à un livre sur tablette où l'on peut cliquer et animer, a la fâcheuse tendance de se disperser. (voir notre actualitté)