Paris culturel : Une villa Medicis en banlieue, c'est vendeur ?

Clément Solym - 24.12.2011

Edition - Société - Villa Médicis - Montfermeil - tour Utrillo


Le ministère de la Culture s'est fait son petit cadeau de Noël avant l'heure. Bande de païens qui ouvrent leurs paquets avant le matin du 25 ! Voilà que la rue de Valois vient en effet d'acheter la tour Utrillo, située à Montfermeil (Seine-Saint-Denis). Le tout vendu comme une future Villa Medicis « en banlieue ». Glamour, s'abstenir.

 

C'est dans le cadre d'un « Paris culturel » que s'inscrit cet achat, destiné à accueillir des auteurs pour des résidences artistiques et des formations, a expliqué le ministère. « Une fois qu'on a le cadre, on peut réfléchir à ce qu'on met dedans », explique-t-il à l'AFP. 

 

C'est que depuis janvier 2011, la tour était promise à la destruction. Le préfet de région, avait suspendu cet arrêté, suite à la décision de Xavier Lemoine et Claude Dilain, respectivement maires de Montfermeil (UMP) et de Clichy-sous-Bois (PS). Les deux hommes avaient organisé un jumelage avec la ville de Rome et plus particulièrement la Villa Médicis, qui abrite pour quelque temps des artistes venus en résidence. 

 

Ainsi donc, en janvier, l'Agence foncière et technique de la région parisienne recevait l'ordre du préfet de ne pas passer à la casse, mais plutôt à la caisse. « On nous a demandé à partir de quand ne pas démolir cette tour coûterait plus cher que prévu », expliquait alors Michel Bournat, directeur délégué Nord à l'AFTRP. C'est qu'à l'époque, l'AFTRP devait verser 150.000 € annuels en impôts fonciers pour la tour, dont seul le rez-de-chaussée était encore utilisé. 

 

 

Frédéric Mitterrand avait annoncé, fin septembre, son intention de mener à bien ce rachat.  « Nous avons obtenu ce matin le feu vert pour l'achat de la tour Utrillo, dite 'tour Médicis', qui est aux confins de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois », annonçait le ministre le 28 septembre. Ajoutant que la tour « est appelée à devenir un centre culturel de rayonnement considérable ».

 

C'est chose faite, même si le montant de la vente n'a pas été dévoilé. Le Parisien, qui a, le 22 décembre, annoncé que le ministère rachetait la tour, fait donc l'effet d'un petit cadeau de Noël. 

 

Cette dernière profitera donc d'un plus large sursis que prévu. « Ce rachat de la tour Utrillo est une bonne nouvelle : cela montre que le projet a reçu les arbitrages politiques et financiers pour sa réalisation, qu'il y a une dynamique de mise en œuvre », a commenté le maire de Montfermeil Xavier Lemoine (UMP) qui y voit « une première étape substantielle et irréversible ». 

 

Au niveau urbanisme, la tour profitera du projet de métro automatique dans le cadre du Grand Paris, qui marquera un arrêt pile au pied de la tour. De quoi changer peut-être le visage des villes de Clichy et de Montfermeil, épicentres des émeutes qui avaient agité la banlieue parisienne en 2005.

 

Devant la tour Utrillo, Gilles Pindat, responsable du tronçon Le Bourget-Noisy Champs, a expliqué les différentes options pour la gare: "Nous venons de finir les études pour caler le tracé de la ligne et l'emplacement de la gare. On se place en nord sud pour profiter de l'urbanisation à venir. Nous implantons la gare par rapport au projet futur".(voir Libération)

 

Reste que mesurer la splendeur de la Villa Medicis originelle à la tour de Montfermeil, n'est vendeur que sur le papier. Enfin...