Parodié par un groupe activiste, Playboy sort du terrier et saisit les FAI

Julien Helmlinger - 26.09.2013

Edition - International - Playboy - Viol - Activisme


Bien que la maison Playboy se soit souvent posée parmi les fervents militants de la liberté d'expression, elle se fait intransigeante lorsque l'on s'amuse à se jouer de son lapin à noeud papillon. Tandis qu'un groupe d'activistes a choisi de détourner le nom et le logo de la publication pour mâles afin de mettre en orbite son site dénonçant la « culture du viol »,  la société fondée par Hugh Hefner porte plainte auprès de son fournisseur d'accès à internet (FAI).

 

 

 

 

Les militants de chez  « Force : Upsetting Rape Culture »  ont lancé leur site web ayant pour objectif de sensibiliser le public à l'importance du consentement, appelant à la résistance contre ce qu'ils appellent la « culture du viol ». Un moyen d'action drôle, intelligent, et même pédagogique, instantanément reconnu par la presse comme étant parodique.

 

Mais la pirouette n'a visiblement pas plu à la publication elle-même controversée, alors que l'on se serait attendu à ce qu'elle en soutienne le message politique plutôt que s'y opposer sans engager un dialogue. L'Electronic Frontier Foundation (EFF), sensible à ces questions de libre expression, a alors contacté Playboy en partant du principe qu'il s'agissait d'un simple malentendu.

 

Car chaque année, depuis 1979, est décerné le Hugh Hefner First Amendment Award qui fait directement mention au nom du fondateur de la publication masculine. Une récompense remise au sein même du célèbre manoir aux playmates. En conséquence de quoi l'EFF, qui a vu ses membres plusieurs fois récompensés, estime qu'il serait bien dommage que Playboy trahisse son propre combat lorsque son nom se trouve mêlé à une parodie militante.

 

La fondation a ainsi rappelé à la maison Playboy que la parodie était juridiquement protégée, notamment par le 1er amendement de la Constitution américaine. Elle a non seulement exhorté son interlocuteur à retirer la plainte, mais également à soutenir le combat contre un problème « important » que mène le groupe activiste.

 

Affaire à suivre...

 

Ci-dessous, les 10 commandements du groupe militant :