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Paroles de liberté : Christiane Taubira répond aux insultes raciales

Clément Solym - 03.03.2014

Edition - Les maisons - Dieudonné - Christiane Taubira - réponses


Christiane Taubira va publier ce 5 mars, aux éditions Flammarion un livre de réponse, Paroles de liberté, aux attaques racistes dont elle avait été victime. C'était à l'occasion de la Manif pour tous, qui se déroulait à Angers, en octobre dernier. « La guenon, mange ta banane », clamaient alors quelques-uns des manifestants, n'hésitant pas à brandir des peaux de banane, pour donner plus de profondeur à leurs interventions. 

 

 

 

 

La Garde des Sceaux, à cette époque, n'avait pas souhaité porter plainte, mais selon le JDD, c'est donc dans un livre, écrit en « une poignée de nuits » qu'elle revient sur cette affaire. Et s'adresse presque directement à la jeune fille angevine qui lui avait asséné ces insultes. 

 

Marie Darrieussecq avait pris la défense de la ministre, avec d'autres écrivains. « Les attaques que subit notre ministre sont ignobles, indignes, dégueulasses. Et elles viennent de loin, d'une France qui existe, qui est là, et dont je viens, mais qui n'est pas la mienne. »

 

Mais c'est également à Dieudonné qu'elle adresse ses meilleurs sentiments, sans pour autant citer l'humoriste. « Un sinistre sbire, à la fois hystérique et paranoïaque, qui croit qu'il peut enfreindre la loi. Il faudra continuer à lui infliger sanctions judiciaires et pécuniaires. Et il faudra lui intimer le respect » 

 

 

 

 

Elle s'était déjà exprimée sur ce point, estimant que la décision d'interdire les spectacles de Dieudonné n'était pas qu'une réponse judiciaire. « Nous devons prendre notre part dans la lutte politique qui consiste à faire assumer la mémoire commune d'une part, à respecter la loi d'autre part, à respecter ce qu'est un crime contre l'humanité, toutes les souffrances que cela suppose aujourd'hui encore et à faire en sorte que les valeurs de la République prévalent. »

 

Une approche plus subtile, certainement, que celle de Manuel Valls, qui s'était lancé dans une guerre ouverte contre l'humoriste. Elle évoquait tout de même « les pitreries obscènes d'un antisémite multirécidiviste ».