Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Partager Lire : les librairies Payot offriront des milliers de livres au Sénégal

Nicolas Gary - 26.04.2017

Edition - International - Partager Lire Payot - librairie collecte livres - Sénégal livres dons


Depuis 11 ans maintenant, les librairies Payot organisent une opération Partager Lire, dont le point d’orgue se déroule durant le Salon du livre de Genève. L’idée est simple : récolter des ouvrages, qui seront envoyés par la suite dans un pays partenaire. Après six années de collaboration avec la Tunisie, c’est cette année au Sénégal que les livres seront envoyés. 

 


 

 

Partager Lire se déroule en deux temps : durant une première phase, les librairies Payot récupèrent directement dans les établissements les livres apportés par le public. Entre le 13 et le 24 avril, les lecteurs sont invités à déposer leurs ouvrages. « Cette campagne, organisée avec l’Hospice généra de Genève pour partie, a été complétée par un partenariat avec les points presse Naville », explique Philippe Ciamporcero, directeur commercial de Payot.

 

Ainsi, à l’ensemble du réseau de librairies Payot s’ajoute donc 87 points de récoltes en Suisse romande. Une fois reçus, les livres sont classés en genre par les libraires, suivant des critères thématiques. Les boutiques Nature et découverte sont aussi associées à la collecte.

 

La dernière étape, c’est au cours du Salon qu’elle prend place : un espace est monté par Palexpo, l’organisateur, qui reçoit les visites régulières de visiteurs, les bras chargés de sacs. Et de livres. 

 

«  Au cours des six années passées, nous avons travaillé avec la Tunisie, et cette année, nous avons répondu favorablement à la sollicitation du ministère de la Culture du Sénégal. L’un des représentants était présent l’an passé au Salon, et a découvert notre action. Par la suite, ils ont pris contact avec notre PDG, Pascal Vandenberghe », poursuit Philippe Ciamporcero.

 

En 2016, 50.000 titres avaient été envoyés en Tunisie. Pour 2017, on espère faire au moins aussi bien. « Tout n’est pas conservé : les livres en mauvais état sont immédiatement mis de côté : nous ne saurions avoir vocation à donner des livres abîmés. De même que les œuvres à caractère religieux, érotique, ou de nature à choquer sont triées, et prises en charge par un partenaire, qui va se charger de leur recyclage. »
 

Aider les territoires, et plus encore

 

Tout le programme repose sur cette idée que le partage de livres à destination de pays ne disposant pas d’un accès à la lecture remplit une mission complémentaire. « À notre activité commerciale de libraires répond donc cette campagne de collecte et de dons. Pour les pays donataires, c’est l’opportunité de remplir des bibliothèques et des écoles avec des livres, et donc de favoriser l’alphabétisation, en étendant l’accès au livre au plus grand nombre. »

 

Et en ne le réservant pas aux plus favorisés. De même, cette distribution n’interfère pas avec des activités économiques de librairies locales. « Pour la Tunisie, par exemple, les livres n’ont pas été distribués dans de grands centres urbains, mais auprès d’écoles dispersées au cœur des territoires, souvent très éloignées de villes. »

 

Aider les publics, cette mission se retrouve même en Suisse : en collaborant avec l’Hospice général, les librairies Payot fournissent en quantité des livres qui serviront les missions mêmes de l’organisation. « Nous leur transmettons une partie des titres collectés, bien entendu, pour apporter notre pierre. L’Hospice a une mission d’intégration des requérants, ou réfugiés. De la sorte, ils disposent d’outils pour apprendre à lire, et travailler à une meilleure connaissance de la culture. »

 

Les différents partenaires impliqués dans cette campagne, sont également des partenaires des librairies : Retripa, société de gestion des déchets, s’engage ainsi en proposant des tarifs spécifiques pour le recyclage des livres. De même, la compagnie Briegger offre des remises pour l’achat des cartons dans lesquels seront stockés les livres. Et d’autres encore.

 

Si l’on imagine mal comment des régimes autocratiques ou dictatoriaux pourraient solliciter un pareil partenariat, Payot reste clair : il faut d’abord que les territoires soient francophones. Et même dans ce cas de figure, pas question de travailler avec n’importe qui. 

 

À la fin de la première journée de collecte, huit palettes contenant chacune 24 cartons de livres ont été remplies. Et à intervalles réguliers, les visiteurs du Salon viennent solliciter des renseignements, ou apporter leur contribution. Le Salon, d'ailleurs, organisait cette collecte avec un autre libraire, depuis une trentaine d'années. Une fois la manifestation achevée, les livres seront stockés aux frais de Payot durant deux mois, avant d’être acheminés, aux frais du pays partenaire.