Parti communiste : Google confisquerait le patrimoine culturel

Clément Solym - 14.09.2009

Edition - Bibliothèques - parti - communiste - Google


Si du côté du gouvernement, François Fillon a assuré que l'accord entre Google et la Bibliothèque nationale de France ne le dérangeait pas le moins du monde, bien au contraire, le Parti communiste français estime qu'il ne peut être « question d’accepter que notre patrimoine culturel soit confisqué, aliéné à terme par une logique de rentabilité financière ».

Alors que l'on attend l'intervention du ministre de la Culture sur le sujet, le PCF assure de son implication dans ce dossier : « C’est pour nous un véritable enjeu de civilisation. » (Propos déjà tenus par la SCAM) Et de rejoindre les paroles de l'ancien président de la BnF, Jean-Noël Jeanneney, qui dénonçait un possible accord entre l'institution française et la firme de Mountain View.

« Pour le PCF, l’urgence de l’heure consiste à donner à la BNF les moyens de la numérisation de son propre patrimoine. Celui-ci est un bien commun de l’humanité et la BNF, service public, se doit de garder la maîtrise totale de cette véritable mémoire du monde afin de la mettre gratuitement et sans condition à la disposition de tous. »

Car le droit d'accès n'est pas suffisant dans cette affaire : contrairement à ce que peut affirmer Google, le libre accès aux oeuvres « n’est pas en soi porteur de démocratie et de citoyennetés ». Pour le PCF, il importe de « créer les conditions d’une véritable appropriation populaire de ces œuvres », d'une part, mais également d'accompagner « d’action culturelle et d’éducation populaire susceptibles de créer les conditions d’une appropriation sociale des œuvres ».

Exigeant que le gouvernement offre à la BnF les moyens de « poursuivre et de maîtriser sa propre numérisation en renforçant le programme Gallica », le Parti souligne toute l'importance d'Europeana dans la création d'une alternative à Google Books et son monopole. « Si nous ne sommes pas opposés à des coopérations et des partenariats avec des entreprises privées, nous pensons prioritaire de posséder un outil de service public, doté de moyens financiers et humains, garantissant la maîtrise des contenus de la numérisation et de leurs diffusions. »

En revanche, pour ce qui est de l'exclusivité des droits réclamées par Google à la BnF, dénoncée par le PCF nous tentons d'en apprendre plus.