Pas assez de bibliothécaires à la New York Public Library

Louis Mallié - 23.06.2014

Edition - International - New-York Public Library - Administration - Représentation


Les récents débats portant sur les éventuelles et onéreuses transformations de la New York Public Library (NYPL), ont attiré l'attention sur nombre de questions touchant à son administration et son fonctionnement. Et c'est aujourd'hui celle du rôle des 39 administrateurs en charge de la gérer qui s'est naturellement fait jour, ainsi que le note Melville House, le public tout autant que le personnel soutenant assez peu ses dernières initiatives... 

 

 Patience (or is it Fortitude?) at New York Public Library, 5th Avenue & 42nd Street

Jeffrey Zeldman, CC BY-2.0

 

 

Nommés par un comité, les administrateurs de la NYPL sont ensuite élus par le conseil d'administration permanent de la bibliothèque, présidé par Anthony Marx depuis 2011. Dans une large mesure, le système d'élection des administrateurs est donc un circuit fermé. Sur le site City Limits, Suzanne Travers a ainsi publié un article examinant la pertinence des conseils d'administration et de leurs décisions.

 

Cet article liste les 39 membres du conseil, ainsi que la profession de ces responsables d'un budget de près de 90 millions $ par an. La quarantaine d'administrateurs regroupe de nombreux profils : avocats, directeurs d'entreprises, banquiers, investisseurs, philanthropes occasionnels, juge, et même artistes chanteurs … 

 

Ajoutons au groupe une demi-douzaine d'universitaires de renom, et constatons avec étonnement qu'au milieu de cette apparente diversité, l'administration de la bibliothèque manque bien d'une catégorie professionnelle… Et le paradoxe n'est pas des moindres, puisqu'il s'agit bien des bibliothécaires. Un seul, à proprement parler, y est présent. Il s'agit de Robert Darnton, directeur de la bibliothèque d'Harvard,  et spécialiste de l'histoire du livre au XVIIIe siècle en France. 

 

Seulement, comme le remarque Melville House, aucun d'entre eux - Darnton compris - n'a d'expérience sur le terrain… C'est à dire, une expérience qui relève d'autre chose que de la gestion d'un budget dans le cadre d'une direction. C'est la raison pour laquelle le personnel de la NYPL s'avoue lui-même particulièrement critique à l'égard du travail et des décisions de l'administration.

 

« Le problème est peut-être que vous utilisez des méthodes et des instruments d'analyses qui sont bons pour Starbucks ou Walmart. Pour une collection sur Dickens, vous avez quatre lecteurs par an, est-ce pertinent dans ces logiques ? Vous êtes censé être une bibliothèque de recherche universitaire, avec une vision s'étendant non pas sur deux mois, mais sur deux cents ans », résume un ancien membre du personnel.

 

Pou autant, tout espoir n'est pas perdu. En effet, Anthony Mark lui-même, aurait récemment déclaré désirer voir dans l'administration la plus grande diversité socio-économique possible, et ce, dans le but de jouer au sein de l'administration « un jeu équitable ». Suivant cette logique, il semble donc devoir attendre l'entrée des bibliothécaires dans l'administration de la NYPL...