Pas d'accord sur le prix du livre en Suisse

Clément Solym - 03.03.2010

Edition - Economie - Pas - accord - prix


Le Conseil des Etats est revenu hier sur le prix du livre en Suisse. Une loi qui a déjà été examinée 7 fois et sur laquelle libraires et politiques se déchirent.

Hier, les sénateurs suisses n'ont pas souhaité mettre en application le système du prix réglementé aux livres importés (80% des livres). « Cela contreviendrait à l’accord de libre-échange avec l’Union européenne », a déclaré le démocrate-chrétien Bruno Frick.

Peut-être, mais en face, la voix de la raison (commerciale) se fait entendre : « C’est un encouragement aux consommateurs à acheter leurs livres à l’étranger, notamment les best-sellers », estime la socialiste bernoise Simonetta Sommaruga.

Le Conseil des Etats a jugé que cette loi n'était pas applicable pour la vente en ligne de livres. « C’est une folie que de livrer ainsi les librairies à la concurrence sauvage d’internet, qui ne détient pour l’heure que 8% de parts de marché », a affirmé Géraldine Savary, journaliste politique et membre du Parti socialiste.

Roger Huber, porte-parole d’Ex Libris évoque « une condamnation à mort pour les petites librairies qui n’ont pas les moyens de tenir un site internet. » Difficile de satisfaire libraires et lecteurs.

Pour parvenir à un accord, le Parlement a sollicité Monsieur Prix afin de fixer les différences tolérables entre le prix d'un livre vendu en Suisse par rapport au tarif en vigueur à l'étranger. Les libraires, qui n'ont pu obtenir gain de cause, devront s’accommoder d’un arbitrage de Monsieur Prix. L

e Conseil national se prononcera en juin 2010.