Pas d'auteurs, pas de livres : mobilisation historique de tous les créateurs

Clément Solym - 12.03.2015

Edition - Economie - réforme retraites auteurs - RAAP CPE SNAC BD - MDA Agessa


Comme prévu, le Salon du livre de Paris sera le théâtre d'une nouvelle manifestation de la part des auteurs. Parti en guerre contre la réforme des retraites, pilotée par le ministère de la Culture et celui des Affaires sociales, l'ensemble des organisations tente de se faire entendre. Pour la première fois, dans l'histoire du Salon, et assurément, dans l'histoire de l'édition, l'ensemble des organisations d'auteurs, sociétés de gestion et syndicats est uni derrière une cause commune : la défense de l'écriture, de la création. Historique !

 

 

 

 

Ce 21 mars, à 14 h 30, devant l'entrée professionnelle du Salon du livre de Paris, avec des banderoles. Ce n'est pas une nouvelle option du Cluedo, mais la date de la prochaine manifestation. « Des revenus à la baisse, des réformes sociales préoccupantes, un droit d'auteur fragilisé par la politique européenne... Les auteurs de livres sont clairement en danger », annonce le CPE.

 

Et forcément, « à travers eux, c'est la création éditoriale qui est menacée, dans sa liberté et dans sa diversité ». Une marche est mise au point, similaire à celle qui avait eu lieu au Salon du livre Jeunesse de Montreuil, suivie d'une conférence de presse, menée sur la Scène des auteurs, en C92. 

Après plusieurs initiatives d'auteurs, notamment la manifestation d'Angoulême, des concertations ont à nouveau eu lieu. Les ministères nous entendent, le RAAP nous consulte à nouveau, c'est un début, mais les garanties de résultat sont loin d'être là, le RAAP ayant publié sur son site que les 8 % de sa mesure seraient définitifs, et ce, juste après avoir rencontré les organisations d'auteurs qui ont pourtant défendu d'autres propositions jugées réalistes par nos deux ministères de tutelle !

 

Une lettre ouverte sera communiquée peu avant l'inauguration du Salon, pour « rendre compte de la dégradation des conditions des auteurs, et des perspectives hélas peu réjouissantes qui nous attendent si nous ne faisons pas entendre notre voix ». Et d'ajouter : « À ceux qui oublient qu'il faut des auteurs pour faire des livres », l'ensemble des acteurs souhaite donc répondre avec les armes lourdes, certes, mais les plus pacifiques.

 

« Pour l'heure, nous en sommes toujours au même point avec le RAAP, alors que les ministères semblent apprécier les propositions que nous avons formulées », nous précise-t-on. Cependant « il n'y a pas d'évolutions significatives, allant dans le sens des revendications que les instances représentatives des auteurs ont présentées ». 

 

Et de conclure : « Il y a un épuisement de ne pas être entendus par la personne qui règne sur son RAAP-yaume, alors que les ministères que nous avons rencontrés et que nos rencontres se déroulent bien avec eux. » 

 

Mais la réforme des retraites n'est pas seule au menu : « Il y a la fusion de la Maison des Artistes avec l'Agessa, le droit d'auteur, que l'Europe souhaite et s'applique manifestement à émietter... Et en tout premier lieu, la précarité des auteurs, illustrateurs, dessinateurs, écrivains : c'est l'essence même du slogan que nous avons choisi. Sans auteurs, plus de livres. Si les créateurs ne peuvent vivre de leurs œuvres, cela conduira à la fin d'un pan culturel. Ce rassemblent collectif sera une première dans l'industrie du livre, et le Salon donnera l'occasion de porter le message le plus loin possible. »