Pas de Bingo pour Bilbo : Les héritiers de Tolkien trouvent un accord avec Warner

Nicolas Gary - 04.07.2017

Edition - Justice - Seigneur anneaux casino - procès Tolkien Warner - lord rings warner tolkien


C’est une bataille épique – cinq années de procédure – qui vient de se conclure par... un accord à l’amiable. Une petite pensée pour les elfes, nains, orcs et autres hobbits morts au champ d’honneur. La Warner Bros et les héritiers de JRR Tolkien, ainsi que l'éditeur des livres, HarperCollins, ont annoncé qu’ils avaient trouvé un accord pour résoudre leur différend. 

 

One Ring to rule them all
idreamlikecrazy, CC BY 2.0

 

L’éditeur des livres de Tolkien, HarperCollins, ainsi que les héritiers du romancier, avaient porté plainte contre la Warner en 2012, réclamant alors 80 millions $ pour violation du droit d’auteur. En clair, la filiale New Line et Saul Zaentz Co. avaient enfreint le contrat qui les liait aux ayants droit. Les plaignants affirmaient alors que la création de produits dérivés était l’unique validation consentie. Impossible d’envisager des exploitations numériques. 

 

En 2009, un premier conflit avait opposé la Tolkien Estate à New Line – un accord à 100 millions $ avait finalement été trouvé. La nouvelle querelle juridique était survenue quand l’avocat des ayants droit avait reçu un spam invitant à se rendre sur le site Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring: Online Slot Game. Autrement dit, un courriel pour encourager à jouer au poker, à la roulette et au baccara en ligne, dans un univers inspiré du Seigneur des Anneaux

 

Selon lui, une pareille diffusion de messages causait des dommages irréparables tant à l’œuvre qu’à l’auteur, mais surtout, à toute perspective de création de jeux vidéo ultérieure. D’autant que la Warner violait un accord passé en 1969, qui interdisait d’associer l’univers de Tolkien à tout ce qui était lié au monde du jeu en ligne et des casinos.

 

Nul besoin de dire qu’en regard de cette infamie, la quête des Anneaux de pouvoir, c’était de la roupie de sansonnet. Des jeux de machines à sous en ligne, estampillés Lord of the Rings, Saroumane lui-même n’aurait pas osé. 

 

Dans un communiqué écrit en lettres de feu, Gandalf avait d’ailleurs fait part de son indignation : « ÇA NE PASSE PAS ! » Une pétition initiée par le Balrog avait également recueilli plus de 30 millions de signatures. 
 

Le compte Elrond pour les parties


Le procès avait débuté alors que la Warner se préparait au lancement du film The Hobbit dans les salles : les ayants droit avait alors porté plainte, après avoir eu vent du projet de casino en ligne basé sur The Fellowship of The Ring. Très naturellement, Warner avait assuré qu’il s’agissait là de l’une des déclinaisons commerciales traditionnelles dans les licences que le studio exploite.

En 2013, la Warner avait d'ailleurs contre-attaqué dans un recours baptisé Le retour du roi, réclamant des dommages-intérêts pour avoir perdu l’argent lié à l’exploitation du jeu de casino. Une tentative d’intimidation qui n’avait cependant pas fait fléchir les héritiers de Tolkien. 

Le jeu en ligne a depuis été supprimé, bien entendu.
 

Un livre inédit de Tolkien publié 100 ans après son écriture


Dans son communiqué, la Warner assure : « Les parties sont ravies d’avoir réglé de manière amicale cette question et nous espérons retravailler ensemble à l’avenir. » Avec plus de 2,9 milliards $ (US) de recettes mondiales pour l’ensemble des trois adaptations au cinéma, on comprend que le studio ait préféré l’option amiable...

 

Les termes de l’accord n’ont cependant pas été révélés – nous n’en Sauron donc rien.