Pas de boycott collectif de Tom Kabinet, d'après les éditeurs néerlandais

Antoine Oury - 04.05.2015

Edition - Justice - Tom Kabinet - revente ebooks livres numériques - boycott autorité concurrence


La semaine dernière, le site de vente de livres numériques, la librairie Tom Kabinet, a annoncé avoir saisi l'autorité de la concurrence des Pays-Bas pour qu'elle enquête sur un boycott collectif, supposément mené par 3 groupes éditoriaux. La plateforme s'estime victime d'une sorte de vengeance des éditeurs, avec lesquels elle a été en conflit dès sa création : Tom Kabinet souhaite en effet devenir une plateforme de revente de livres numériques.

 


Keep Out

(Justin Jensen, CC BY 2.0)

 

 

Mis en ligne il y a moins d'un an, le site Tom Kabinet a connu une existence tumultueuse : plateforme de revente de livres numériques, il s'est transformé en librairie numérique lambda, dotée d'ebooks neufs, après la décision d'un juge. Sollicité par l'association des éditeurs néerlandais, celui-ci a expliqué que la revente d'ebooks n'était pas illégale, tant que la source du fichier était légale et que le revendeur pouvait fournir la garantie que le fichier original n'était plus accessible au vendeur.

 

Tom Kabinet a donc choisi de vendre des fichiers neufs, pour mieux offrir à ses clients la possibilité de revendre leurs achats. Et le site a choisi de contre-attaquer en saisissant l'autorité de la concurrence des Pays-Bas (Autoriteit Consument en Markt), puisqu'il s'estime victime d'un « boycott » de la part de trois grands groupes éditoriaux du pays, VBK, Lannoo/Meulenhoff et WPG.

 

D'après Tom Kabinet, ces trois éditeurs refusent la vente de leurs ebooks à travers la librairie en ligne, sous un prétexte fallacieux. La plateforme est en contact avec le fournisseur Centraal Boekhuis, et ce dernier n'a pas pu expliquer l'absence des livres numériques des groupes éditoriaux du catalogue fourni à Tom Kabinet.

 

Le PDG du groupe WPG, Koen Clement, est le seul à avoir réagi à l'accusation de Tom Kabinet : il récuse, évidemment, l'accusation d'entente, pour organiser un boycott. « Nous ne sommes pas d'accord avec le modèle de Tom Kabinet. Il souhaite obtenir un droit de vente perpétuel sur nos livres numériques. Notre point de vue est fondamentalement différent, et nous devons défendre les intérêts de nos auteurs », explique le PDG à Boekblad.

 

En somme, la décision de refuser la commercialisation des livres numériques par Tom Kabinet relèverait du choix de chaque maison, et non d'une entente. Ce que l'autorité de la concurrence devra confirmer.