Pas de crise des bibliothèques aux yeux du gouvernement britannique

Julien Helmlinger - 04.02.2013

Edition - Bibliothèques - Royaume-Uni - Gouvernement - Bibliothèques


La bibliothèque britannique « n'est pas un service en crise ». Telle est la prise de position officielle du gouvernement britannique en réponse au dernier rapport de la Commission parlementaire en charge de la Culture, des médias et des sports, et concernant les fermetures des bibliothèques à travers le Royaume-Uni. Une déclaration étonnante, publiée la semaine dernière, tandis que les experts s'accordent à dire que l'année 2013 verra le phénomène s'aggraver sur le territoire.

 

 

 

 

Par sa réponse, le département de la Culture, des médias et des sports (DCMS) encourage les autorités locales à fournir des services bibliothécaires « complets et efficaces » comme le suggère la loi de 1964 au sujet des bibliothèques et musées, mais souligne que la loi n'a pas de valeur « trop normative ».

 

Selon le gouvernement, un personnel de bibliothèque qualifié constituerait la clé de la bonne tenue du service public. Mais néanmoins sa réponse présente le bénévolat comme un moyen idéal de compléter le service professionnel, sans toutefois s'y soustraire.

 

Bien qu'il était attendu initialement pour 2014, le gouvernement a annoncé que le rapport du DCMS quant à l'état du service bibliothécaire sera publié dès la fin de l'année et que d'autres publications suivront à échéances annuelles.

 

Pour le président du Chartered Institute of Librarians and Information Professionals, Phil Bradley, cette réponse est « un document plutôt conflictuel et confus, mais pas celui qui va mettre un ressort dans l'élan de toute personne qui se soucie de l'avenir de nos services de bibliothèque ».

 

Selon Phil Bradley, la réponse du gouvernement n'a pas assez mis en valeur l'importance du professionnalisme du personnel des bibliothèques. Un critère qui passe pour lui par la qualification et l'expérience et qui seul permet d'encadrer véritablement une communauté. 

 

De même, il dénonce le flou entretenu autour de la définition de ce que devrait être « un service complet et efficace », comme il déplore qu'aucun cadre national d'évaluation ne soit mis en place. Deux conditions sans lesquelles le président du CILIP n'imagine pas de service bibliothécaire équitablement réparti à travers le territoire, ni même les emplois des bibliothécaires sauvegardés.