Pas de hausse tarifaire pour la Foire du livre de Londres

Clément Solym - 06.06.2012

Edition - Economie - Foire du livre de Londres - emplacements - commercialisation


Organisée par la société Reed Exhibitions, la Foire du livre de Londres avait été quelque peu chahutée cette année, ayant choisi comme sulfureux invité d'honneur la Chine. Les polémiques n'avaient en effet pas manqué, et les consignes du Parti communiste relayées par le Gapp, General Administration of Press and Publication, coorganisateur du salon et agence responsable des publications en Chine, étaient claires.

 

Ainsi, les écrivains invités avaient des consignes strictes : 

  •  L'écrivain ne doit pas être considéré comme un dissident, qui critique ouvertement le gouvernement et le système politique
  •  L'écrivain ne doit pas parler de sujets interdits par le parti communiste, tels que le massacre de Tian An Men.

 

On s'en route, la London Book Fair avait alors essuyé de nombreuses critiques, notamment du poète exilé Bei Ling. « J'ai été stupéfait de voir qu'aucune voix indépendante, qu'aucun écrivain chinois exilé ou dissident, ne soit représenté au Salon du livre de Londres », a-t-il expliqué au Guardian, tout en accusant le salon de s'être autocensuré pour accommoder les autorités chinoises. « C'est déjà assez choquant que le salon ait travaillé avec Gapp » ajoute-t-il, Gaap étant l'agence responsable des publications en Chine. « Pour s'assurer que leur pays invité d'honneur soit satisfait, il s'est autocensuré et n'ont pas insisté pour que des auteurs désapprouvés par le gouvernement soient présents, bien que sans eux on ne puisse comprendre la littérature chinoise dans son ensemble », a-t-il poursuivi. (voir notre actualitté)

 

 

London Book Fair 2011

 

 

Mais que l'on se rassure, si en matière de polémique, l'édition 2013 ne réserve aucune suprise, elle n'en cachera pas non plus commercialement. Alistair Burtenshaw, directeur de la manifestation, s'est exprimé dans le cadre de la BookExpo America, également organisée par Reed Exhibitions, pour assurer qu'à cette heure, aucune modification tarifaire n'était prévue, rapporte The Bookseller.

 

Nancy Walsh, vice-président de Reed USA, avait laissé entendre que pour l'édition prochaine de la BEA, une approche commerciale différente serait mise en place pour les exposants, en fonction des besoins et des demandes. Depuis deux ans déjà, la BEA teste cette nouvelle méthode de commercialisation des espaces, et pour le coup, a tenu à clarifier Alistair, il s'agit de pratiques qui n'ont cours qu'aux Etats-Unis, et nulle part ailleurs. 

 

« Tous les salons du livre veulent évoluer avec le temps, pour s'assurer que nous servons nos clients de la meilleure des manières possibles. S'il y a de bonnes choses qui sont sorties de ces expérimentations, alors nous réexaminerons ces questions. »

 

Pour l'heure, les tarifs des emplacements diffèrent, selon que l'on se trouve dans la zone numérique, au centre de droits ou dans les salles principales. Des espaces premium sont également commercialisés dans d'autres conditions. 

 

Pour l'édition 2013 du salon du livre de Paris, les tarifs pratiqués devraient être envoyés sous peu aux éditeurs. Rappelons que tout exposant qui souscrirait à un espace avant le 31 juillet 2012 se verrait alors appliquer les tarifs de l'année passée.