Pas de passeport, mais un visa pour Taslima Nasreen

Clément Solym - 15.02.2008

Edition - Société - passeport - Talisma - Nasreen


C'est hier qu'enfin Taslima Nasreen s'est vue accorder une prolongation pour son séjour en Inde. Pas réellement ce qu'elle pouvait attendre, mais une sorte de sursis.

Pas de passeport en effet, mais un visa, de six mois, accompagné par quelques recommandations de la part des autorités, déjà embarassées : ne pas « heurter les sentiments ». Le Ministère des Affaires étrangères a ajouté qu'il « incombe à ceux qui sont accueillis comme des invités de l'Inde qu'ils soient sensibles aux traditions indiennes », rapporte l'AFP. Sans nul doute une allusion aux éléments dénoncés par un membre de la communauté musulmane.

« Nous attendons d'eux qu'ils n'entreprennent pas d'actions qui pourraient heurter les sentiments de nombreuses communautés qui forment notre nation multiconfessionnelle et multiethnique ».

Toujours menacée de mort par les islamistes du Bangladesh, et en dépit des encouragements et soutiens qu'elle a pu recevoir de la part de confrères, comme nous vous le rapportions, Taslima n'a pas caché sa mélancolie.

Sous le coup d'une fatwa, l'écrivain avait renoncé à un voyage en France pour recevoir le prix Simone de Beauvoir, qu'elle se verra probablement décerner par contumace... Depuis sa prison dorée, ou qui ne se l'avoue pas, Talisma Nasreen ne doit pas encore voir le bout du tunnel.