Pas de sanction de la CNIL contre Marlène Schiappa : une faute à la com'

Nicolas Gary - 17.08.2018

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Que tout le monde se rassure, le recours à un fichier de contacts journalistiques, pour les besoins de la promotion du livre de Marlène Schiappa n’est donc pas problématique. Et ce, quand bien même c’est le service de presse du Serétariat d’Etat qui s’est chargé d’envoyer l’invitation. La CNIL, saisie par Anticor, vient d’assurer que rien ne clochait.



(Nantilus, CC BY-SA 4.0)
 

 

Cela avait d’étranges accents, cet email envoyé le 22 mai dernier : l’Etat et son fichier de journalistes étaient mis au service de la communication de Marlène Schiappa, auteure publiée chez Stock. La presse était informée d’une séance de dédicace pour Si souvent éloignée de vous, ouvrage essentiel où la Secrétaire d’Etat racontait sa relation à ses filles.

 

Jean-Christophe Picard, président d’Anticor, avait vivement réagi et décidait de saisir la Commission nationale de l’informatique et des libertés. En effet, le recours à une base de données dans de telles circonstances pouvait relever d’une infraction au Code pénal. 
 

« Plus globalement, cet épisode met en lumière les carences de ce dispositif déontologique qu’il conviendrait de corriger. On pourrait ainsi utilement confier à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) le soin de juger des manquements des membres du Gouvernement à leurs obligations », poursuivait le président d’Anticor.

 

Enjeu pénal, déontologique : le Secréatariat d’Etat était passé un peu rapidement, et le Premier ministre, Édouard Philippe, s’était défaussé, déplorant « une erreur humaine ». Certes. Et l’on promettait que les envois feraient désormais l’objet d’une double validation, pour éviter de pareilles bévues. 
 

Mais non, mais non, rien de sérieux

 

Dans sa réponse, la CNIL fait preuve d’une désinvolture assez remarquable : retenant le fait que l’événement rencontre-dédicace était « organisé par l’éditeur du livre et la librairie accueillant cette séance », la Commission semble ne rien trouver à redire. Marlène Schiappa elle-même campe sur la position de l’erreur humaine de la part de ses services. Ces derniers auraient en effet confondu sa fonction publique et son statut d’auteure – et cru que la dédicace était liée à son rôle de Secrétaire d’État.

 

Elle précise que les procédures liées à l’utilisation du fichier des contacts presse du secrétariat d’État ont depuis été modifiées afin d’éviter qu’une telle erreur ne se reproduise. Elles intègrent désormais une double validation hiérarchique du cabinet de la secrétaire d’État avant tout envoi. 

L’incident résultant d’une erreur commise de bonne foi et étant isolé, je vous informe que je procède à la clôture de votre plainte, tout en vous précisant que son instruction a été l’occasion pour la Commission d’appeler l’attention de la secrétaire d’État sur les nouvelles obligations s’imposant à tout responsable de traitement depuis l’entrée en application, le 25 mai dernier, du règlement général sur la protection des données. 

 

 

Dont acte, et circulez, il n’y a rien à voir.  D'ailleurs, la promotion continue : 
 

 

Sauf que le cabinet de Marlène Schiappa avait dans un premier temps prétexté une maladresse. « Nous avons juste transféré un mail de la maison d’édition Stock au carnet d’adresses presse de la secrétaire d’État, et ce, afin de prévenir les journalistes qui la suivent et qui souhaitent la rencontrer qu’elle sera présente à cette dédicace publique, un événement financé par Stock et qui n’a donc engagé aucune dépense publique. »

 

Jamais la confusion des rôles n’est mise en avant. En revanche, la bonne marche de la communication à articuler autour de la Secrétaire d’État – et donc du gouvernemnent –, via la publication de son livre, oui...

Après tout, en italien, schiappa désigne quelqu'un de pas doué : l'erreur est donc compréhensible.




Commentaires

Franchement, comment créer autant d'adversité et de de ressentiment en si peu de temps dans le coeur des auteurs qui galèrent (= l'immense majorité) ! Belle opération de destruction massive de l'âme citoyenne ! Bravo madame Schiappa, quelle preuve d'intégrité, quel sens du Service Public, quel crachat à la gueule de votre fonction ! Vous n'avez fait qu'une chose avec cet "acte manqué", cet usage immodéré des privilèges : verser en vrac l'âme citoyenne du côté de la révolte et du maquis. En avez-vous seulement conscience ? Tout votre combat est désormais déligitimé, ou plutôt vous vous êtes déligitimée toute seule comme une grande de tout combat actuel et à venir contre les inégalités et les discriminations. Pour prétendre être le porte drapeau de grandes causes, les premières qualités/vertus exigées sont la probité, l'exemplarité, l'incorruptibilité. Voilà comme on tue l'âme citoyenne. Vous mettrez ça sur votre CV en guise de conclusion avec vos beaux airs. Sans rancune mais quand même. La république exemplaire promise n'engage que celles et ceux qui y ont cru...

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