Pas de Turquie pour Naipaul, fallait pas insulter l'islam

Clément Solym - 26.11.2010

Edition - Société - naipaul - turquie - residence


L’écrivain britannique, titulaire du prix Nobel de littérature pour le masseur mystique, a renoncé à venir au parlement européen des écrivains à Istanbul. Invité d’honneur de la réunion de trois jours en Turquie, ses critiques sur l’Islam lui ont valu des quolibets de la part d’auteurs turcs.

L’écrivain avait assimilé l’Islam au colonialisme en disant qu’il « avait eu un effet calamiteux sur les personnes converties » et que pour être converti il fallait « détruire son passé, détruire son histoire ».

Les auteurs se sont donc ligués contre lui en le dénonçant dans la presse. La semaine dernière, le poète et philosophe Hilmi Yavuz a écrit dans le Daily Zaman qu’il trouvait son invitation « irrespectueuse » car il avait « insulté l’Islam ». L’écrivain Cihan Aktas ajoute : « Le dégoût qu’il ressent pour les musulmans dans son livre est scandalisant. Je ne peux pas assister au parlement dans ces conditions ». Nombre d’entre eux comptaient boycotter l’évènement.

Ahmet Kot, directeur littéraire de l’agence « Istanbul capitale culturelle 2010 », et qui s’occupe de l’évènement, a exprimé sa surprise : « Je pensais récolter des réactions positives en réunissant des personnes d’horizons différents ».

M. Naipaul s’est retiré hier, en accord avec son agence (Wylie), après que la « politisation » de la conférence dans les médias turcs ait « altéré le concept original de l’évènement et la contribution de VS Naipaul en tant qu’auteur célèbre ».

VS Naipaul, indien d’origine, est l’auteur de nombreux romans acclamés par la critique, qui lui valurent le prix Nobel de la littérature en 2001. Il a cependant toujours été une figure controversée de la littérature. La querelle de notoriété publique avec un autre lauréat du prix Nobel, Derek Walcott, et les polémiques autour de ses écrits sur la religion et les « races » y sont pour quelque chose.

Le parlement européen des écrivains aura lieu samedi. Les écrivains débattront de sujets tels que la « banalisation des livres et de la littérature » ainsi que « des effets de la mondialisation, du numérique et du multiculturalisme sur la littérature » lit-on sur le site du Guardian.

Et même si M. Naipaul a renoncé à son invitation, il reste d’autres illustres auteurs : à savoir, Vikram Seth, Hari Kunzru et Jason Goodwin.