Pas de vacances pour les enseignants-chercheurs en grève

Clément Solym - 20.02.2009

Edition - Société - enseignants - chercheurs - grève


Hier, on parlait de 15 à 25.000 personnes mobilisées pour la manifestation tant attendue du jeudi noir, et les mouvements étaient suivis dans les principales villes du pays. « Halte à la régression de l'université » et autres slogans - « Quand on cherche les chercheurs, on les trouve » - ont accompagné les cortèges des manifestants.

Pour Jean Fabri, secrétaire général de Snesup ce qui compte est que la mobilisation, même en période de vacances scolaires pour les zones A et C, reste « extrêmement importante ». Et d'ajouter : « Il y a beaucoup de détermination. Nous sommes conscients que l'opinion nous comprend, qu'on porte la qualité de la recherche et de l'enseignement supérieur. »

Les chiffres des manifestants passeraient même la barre des 50.000 personnes selon d'autres chiffres avancés par les syndicats, qui iraient bien avec l'attitude franchement dynamique de la conférence des présidents d'université qui nous avaient peu habitués à de tels mouvements... d'humeur. Exigeant « des réponses claires, avant le 5 mars, sur cinq points », la CPU n'y va pas de main morte.

De son côté, le premier ministre souhaitant endiguer la folie qui grimpe il s'est lui-même penché sur le dossier, jurant, mais un peu tard peut-être qu'on ne l'y reprendrait pas... Mercredi, il expliquait travailler à « créer les conditions d'un dialogue constructif » dans un contexte où Pécresse est devenue la femme à abattre, et sa médiatrice avec, pour faire un lot.

Après l'occupation de la Sorbonne hier soir et l'annonce claire de « la radicalisation » du mouvement, le dialogue va devoir être coquettement aménagé...

Notons enfin l'émergence discrète d'un front pro-réforme pécressienne, qui a lancé une pétition, accessible en ligne. « Les réformes proposées par Valérie Pécresse, telles qu'elles ont été annoncées dès la fin du printemps 2008, nous semblent aller, sous réserve d'ajustements ultérieurs, dans la bonne direction pour l'avenir de l'Université et de ses étudiants », peut-on y lire...