Pass Pass Culture : Y'a du monde sur la corde à linge...

Nicolas Gary - 08.11.2019

Edition - Economie - Pass Culture - Emmanuel Macron - Franck Riester


Où est passée la grande campagne de communication qui devait promouvoir largement le Pass Culture ? Cette mesure destinée aux jeunes de 18 ans, portée par le candidat Macron, s’inspirait du modèle italien. Or, les déconvenues de cette opération en Italie ont quelques étranges échos en France…


 

On s’en souvient, les jeunes Italiens avaient habilement su détourner la fonction même de leur Bonus Cultura : certains le revendaient, d’autres s’en sont servi pour acheter des smartphones. Bref, l’objectif de faire consommer de la culture plus facilement s’éloignait à vue d’œil. Toutefois, les éditeurs du Bel Paese reconnaissaient que ce chèque de 500 € avait au moins servi aux foyers : le Bonus était principalement dépensé dans l’achat de manuels scolaires, coûteux par-delà les Alpes.

Calqué sans trop d’originalité sur l’exemple italien, le Pass Culture allait donc fournir 500 € aux jeunes de 18 ans, pour enrichir culturellement leur quotidien. Sauf que… Un rapport présenté par la Commission des affaires culturelles (Assemblée nationale) fait état de ce que seule la moitié des bénéficiaires s’est manifestée.

Malgré la communication élogieuse, mais hasardeuse, du ministère de la Culture en juin dernier, le rapport du 24 octobre est sans appel : sur un budget de 34 millions € pour 2019, seuls… 441.600 € ont été dépensés au mois de juin. On aboutissait à 1 million € à la fin de l’été, mais pas vraiment à une réussite.

Certes, seuls cinq départements avaient servi de test depuis le 1er janvier, mais en septembre neuf autres départements s’ajoutaient. Mais là encore, la coince : 135.000 jeunes éligibles, seulement 25.000 bénéficiaires… la blague. 

Les députés, préoccupés, ont ainsi décidé d’auditionner les deux dirigeants de la société Pass Culture, Damien Cuier et Isabelle Giordano, ce 20 novembre. Si la seconde travaille à titre bénévole, le premier se verrait attribuer un salaire de 170.000 €. 

La société, sous la forme d’une SAS, appartient à 70 % à l’État, et 30 % à la Caisse des Dépôts et Consignations. En outre, comme l’indique Médiapart, une société est chargée de dégotter les financements pour le Pass, Garandeau Consulting.

Or cette dernière aurait perçu 651.600 € pour ce faire (de septembre 2018 à mai 2019), en plus des 6000 € qui seraient versés à son président… Éric Garandeau, qui ne serait employé que pour un tiers temps. Lequel est aussi conseiller de Damnier Cuier.
 
Sans compter que les résultats de ces recherches de fonds n’auraient pas vraiment convaincu. C’est ainsi que le financement s’est donc opéré entièrement à partir de fonds publics — le bide commence à devenir retentissant. Selon Éric Garandeau, cette déconvenue s’expliquerait parce que la société n’était pas encore créée, et qu’il était alors complexe d’aller chercher l’argent.

Pour 2020, Franck Riester, le locataire de Valois, avançait un montant de 40 millions € pour le Pass — dont on ignore encore s’ils seront sortis des caisses de l’État de nouveau. Que le contribuable paye l’accès à la culture pour les jeunes, pourquoi pas : il y avait certainement mieux à faire de ces sommes.


via Mediapart, Capital


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