Passer au livre numérique : petite salve de précautions

Clément Solym - 09.09.2011

Edition - Société - numerisation - procede - vente


L’édition passe d’un monde à l’autre. La chaîne de production change. Les mécanismes rodés doivent être réévalués. Une contributrice à Publishing Perspectives pose une suite de questions qui permettent de cadrer une migration. 


Karina Mikhli a un master en édition et 10 ans d’expérience dans le secteur derrière elle. Elle a travaillé avec Kensington Publishing, The Princeton Review, et Oxford University Press entre autres. Voilà les questions qu'elle propose. Vu que les livres numériques et leurs lecteurs se vendent, et qu'il faut résister aux éditeurs purement numériques émergents. 
 



Avec qui numériser ?

Auparavant, les éditeurs essayaient de baisser les coûts en sous-traitant ou au contraire en gardant tout en interne. À présent, il leur faut décider s’il vaut mieux sous-traiter la numérisation ou non ? Dans le deuxième cas, vaut-il mieux engager de nouvelles personnes ou reconvertir les anciens ?


Il faut avant tout savoir ce que l’on vend. Se cantonne-t-on au texte ou rajoute-t-on des éléments interactifs ? Dans le cas d’un récit historique ou d’un manuel scolaire, les images et animations font sens, et permettent d’augmenter le prix. Quel déco pour un livre numérique ?

Comment produire ?

Vend-on les deux séparément ou ensemble ? Est-ce qu’on se concentre seulement sur les meilleures ventes ? La chaîne de production change. Quand commencent la mise en page et l’utilisation de standards ? Quel délai entre le livre papier et le numérique ? Distribue-t-on sur une seule plate-forme ou plusieurs ?


Où vendre ?

Enfin, où stocke-t-on les éditions numériques ? En local, dans les nuages, chez un tiers ? Les vend-on aussi par notre propre site ? Comment s’assurer que les métadonnées sont respectées dans les classifications des vendeurs ? Comment met-on à jour une édition ?

 
Les éditeurs auront sûrement déjà pensé, de même que Mme Mikhli, à toutes ces questions.

Une dernière question se pose : À qui est-ce que je vends mes livres ? Comment j’acquiers une connaissance précise de ma clientèle ? Javier Celaya, dans un autre article de prospective, soutenait qu’il fallait que les éditeurs ouvrent leurs propres magasins en ligne pour avoir des données de première main (notre actualitté).