Patricia Cornwell en procès pour la gestion de ses biens

Clément Solym - 14.01.2013

Edition - Justice - Patricia Cornwell - procès - gestion de biens


L'auteure de best-sellers, Patricia Cornwell, vient de lancer une action en justice, avec  une plainte de 100 millions $ à la clef. Une histoire de trahison, de confiance perdue, de maisons coûteuses achetées, d'hélicoptère ou encore de livres rares, de Ferrari perdue et de dons politiques accordés à Hillary Clinton. Pas très claire, mais rudement simple : l'auteure porte plainte contre l'ancienne société en charge de la gestion de ses biens. 

 

 

Patricia Cornwell

Siren-Comn, (CC BY-SA 3.0)

 

 

Le docteur Kay Scarpetta a fait le succès de Cornwell, au fil des romans, et c'est dans une intrigue judiciaire digne de ses aventures que sa créatrice se retrouve plongée. Un procès, qui a été ouvert dans la ville de Boston, met à jour toute la vie privée de la romancière ; au cours de quatre années et demie, elle a confié à une société ses investissements, mais à présent, il est temps de rendre des comptes. 

 

En juillet 2009, l'auteure avait découvert que la rentabilisation de sa fortune était loin de faire l'unanimité. Selon son avocat, la firme Anchin, Block & Anchin a clairement abusé de la confiance de sa cliente, et il ne pourrait pas exister de dommages-intérêts assez importants pour compenser les pertes, et la trahison. Sauf que le cabinet d'avocats de la défense assure qu'il ne manque pas un cent dans les comptes de la romancière. 

 

« C'est une cliente exigeante, et elle a le droit de l'être », et si les factures présentées par la société sont si importantes, c'est simplement le coût de l'exigence de la cliente. 

 

C'est qu'avec des revenus de parfois 10 millions $ annuels, pour la vente de ses romans et autres droits, Patricia Cornwell n'est pas vraiment n'importe quelle cliente, en effet. Avec 40.000 $ de facturation chaque mois, elle s'inquiète toutefois de savoir si son exigence a bien été d'une part respectée, et d'autre part concrétisée. 

 

Sauf qu'à cela, s'ajouterait le mode de vie un peu extravagant de l'écrivaine, souligne le cabinet, impliquant des déplacements en jet privé, ou encore des maisons achetées pour un montant de plusieurs millions de dollars. Là encore, difficile de trancher entre le goût du luxe et celui de l'exigence. « Il faut tenir compte du mode de vie particulièrement dépensier, des habitudes de dépenses, des achats impulsifs », se défend-on. 

 

Pour seule réponse, Patricia a expédié un email : « Je fais ce que je fais, quand je le fais, et de la manière dont je le fais. » Le comportement de diva n'est pas très loin. Au cours de sa carrière, Cornwell a vendu plus de 100 millions de livres, depuis ses premières parutions dans les années 90, après sa carrière de journaliste. 

 

Enfin, le dernier, et ultime, argument pour le cabinet, c'est que les pertes constatées au travers des investissements sont principalement expliquées par la crise financière, et plus encore la crise du logement. Suffisant pour expliquer le fait que seuls 13 millions restaient sur le compte de la cliente, après ces années de gestion, alors qu'elle réalisait en moyenne dix millions $ de revenus ? 

 

Encore une fois, le cabinet rétorque, chiffres à l'appui : 40.000 $ mensuels pour un appartement à New York, 5 millions $ pour un jet privé, 11 millions $ pour des propriétés à Concord, dans le Massachusetts... Autant de montants qui donnent le vertige, et ne manqueront pas de séduire les jurés du procès.