Patrick de Carolis répondra aux accusations de plagiat demain

Xavier S. Thomann - 30.01.2013

Edition - Justice - Patrick de Carolis - France Télévision - Pierre Grimal


C'est une information qui nous vient du Canard enchaîné. Patrick de Carolis, l'ancien PDG de France Télévisions est appelé au tribunal demain pour s'expliquer sur les accusations de plagiat dont l'un de ses livres fait l'objet. Il s'agit du roman La Dame du Palatin, qui, comme son nom l'indique, se déroule dans la Rome antique. La femme de l'historien Pierre Grimal (décédé en 1996) estime que le journaliste a abondamment puisé dans les écrits de son mari. 

 

 

Décors pour la Rome de César (Cinecittà)

 dalbera, CC BY 2.0

 

 

Cette affaire n'est pas toute neuve, puisque l'assignation de Carolis et de son éditeur Plon devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour plagiat remonte à fin 2011. Demain, il aura l'occasion de s'expliquer, même si l'on connaît déjà les grandes lignes de sa défense pour répondre aux accusations qui lui sont faites. 

 

Laurence Grimal estime en effet que de nombreux éléments de son ouvrage relèvent de « contrefaçons » et qu'il y a de nombreuses ressemblances entre le livre de Carolis et ceux de son mari. Du coup, elle réclame 269,000 euros d'indemnités, le retrait du livre à la vente, ainsi qu'une diffusion publique du jugement. C'est l'Amour à Rome de Grimal qui aurait été pillé par Carolis. De même que les Mémoires d'Agrippine et le Procès de Néron. 

 

Elle a notamment expliqué selon L'Express : « Si vraiment Partrick de Carolis avait puisé directement dans des sources historiques, par quel miracle ces dernières ont-elles, en atterrissant dans son livre, pris le style, les mots, les tournures de Pierre Grimal ? » 

 

Si les accusations contre lui s'avèrent fondées, c'est bien en effet de pillage dont il s'agit. On l'accuse d'avoir fait pas moins de 164 emprunts, sans par ailleurs avoir cité l'ouvrage de Grimal en question. 

 

Carolis : une force inertielle ? 

 

Quoi qu'il en soit, Plon et les avocats de Carolis n'entendent pas les choses de cette façon et avancent de nombreux arguments pour débouter la plainte de l'épouse du latiniste défunt. Le patron de Plon à l'époque où l'affaire a éclaté, Olivier Orban, avait expliqué que Carolis avait travaillé à partir de nombreuses sources, et pas uniquement Grimal. Ajoutant qu'il s'agissait d'un roman, sur un personnage, Paulina, la femme de Sénèque, sur lequel il n'existe que peu d'informations . 

 

Pour prouver sa bonne foi, l'auteur incriminé a répondu, selon le Canard enchaîné, point par point aux différentes accusations. Il aurait ainsi produit 80 pages sur le sujet. Il a aussi tenu à faire part du nombre impressionnant des sources auxquelles il s'est référé. 

 

Mais il semblerait qu'il y ait un léger problème dans cette partie de son argumentation. Parmi les sources en question, certaines ne sont accessibles que via Google Books. Soit, ce n'est pas un crime. Toutefois, toujours selon le Canard, lesdites sources n'étaient pas disponibles sur la célèbre plateforme américaine au moment où Carolis a composé son ouvrage. Une quinzaine de ces ouvrages n'auraient donc pu être ainsi consultés à ce moment-là. 

 

Enfin, il semblerait qu'il y ait des divergences entre les sources citées par l'auteur et celles mises en avant par son avocat. Il faudra donc attendre encore un peu pour savoir où est la vérité dans toute cette histoire. En tout cas, on espère que ses avocats maîtrisent aussi bien que lui les techniques oratoires des grands rhéteurs latins.