Paulo Coelho préfère les réseaux à la promotion médiatique

Antoine Oury - 15.01.2014

Edition - International - Paulo Coelho - auteur - réseaux sociaux


L'écrivain brésilien Paulo Coelho a longuement expliqué, via son compte Twitter, qu'il préférait désormais le truchement des réseaux sociaux plutôt que celui des médias traditionnels pour assurer la promotion de ses ouvrages. Et surtout entretenir des liens avec ses lecteurs, avec lesquels il peut converser directement, sans parasitage. 

 

 

Paulo Coelho auf dem Blauen Sofa 2008

Paulo Coelho en 2008 (Blaues Sofa, CC BY 2.0)

 

 

Coelho fut l'un des premiers auteurs à s'approprier les nouvelles technologies, et à ne pas exprimer de craintes vis-à-vis de ses dernières. Outre ses avis éclairés sur le livre numérique, il a soutenu le lancement de la plateforme The Promo Bay, une déclinaison destinée aux artistes de la plateforme de partage et de téléchargement The Pirate Bay, en 2012.

 

Et il dispose désormais de nombre d'outils pour assurer sa propre promotion : Twitter et Facebook, bien sûr, mais également Instagram et G+, le réseau social de Google. « Ce n'est pas par arrogance ou manque de respect envers les journalistes », explique l'auteur, « Avec les libraires et les lecteurs, ils contribuent substantiellement à mon succès. Les réseaux sociaux me permettent d'atteindre directement le lecteur [...], et l'idée d'assurer la promotion d'un livre devient par conséquent redondante. »

 


Malgré tout, Coelho semble déplorer la disparition d'une certaine expertise, et d'une pertinence particulière de la presse spécialisée : « La conséquence, c'est qu'on me pose désormais des questions auxquelles je n'ai pas la moindre once de patience pour répondre, comme "Pouvez-vous expliquer votre succès ?", ou "Que faites-vous de votre argent ?" », rapporte l'AFP. 

 

Il tient toutefois à préciser qu'il continuera de donner des entretiens sur des sujets qu'il juge importants, comme... la défense des libertés sur Internet. 

 

Pour la dernière Foire de Francfort, en octobre dernier, il n'avait ainsi pas hésité à boycotter l'événement, où il faisait figure d'invité d'honneur, jugeant que le gouvernement brésilien pratiquait le « népotisme » dans le choix des auteurs représentatifs du pays. Sa promotion, pour le coup, avait été assurée par les navettes qui parcouraient la Foire, malgré tout...

 

 


 

«En tant qu'auteur, je devrais défendre assidûment ma ‘propriété intellectuelle', mais je ne le fais pas. Pirates du monde, unissez-vous et piratez tout ce que j'ai jamais écrit ! », assurait le romancier en janvier 2012. Et de conclure : « Le piratage peut agir comme une approche du travail d'un artiste. Si vous aimez son idée, alors vous voudrez l'avoir chez vous ; une bonne idée n'a pas besoin de protection.  Le discours n'a toujours pas changé.