Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Payer pour entrer en librairie et y feuilleter les livres ?

Cécile Mazin - 12.02.2013

Edition - Librairies - librairies - bibliothèque - club de lecture


C'était un des éléments de la promotion d'une chaîne de librairie française : lire et feuilleter des BD, des romans et d'autres, reste le petit plaisir que l'on peut s'accorder. Chez Barnes & Noble, ou Chapters, outre-Atlantique, on a poussé le vice bien plus lointain, en installant depuis des années des canapés et des chaises, pour que les clients s'installent. Parfois même, on a ouvert un café pas très loin...

 

 

 

 

Pourtant, personne n'avait envisagé de présenter une addition pour tous ces services.

 

Victoria Barnsley, PDG de HarperCollins, vient pourtant de jeter le pavé dans la mare : selon elle, payer pour lire dans les librairies pourrait « ne pas être insensé ». Et dans une récente interview accordée à une radio britannique, elle explique que la tendance à la baisse, pour la fréquentation des librairies, implique que l'on trouve de nouveaux modèles économiques. Cette idée en serait un.... 

 

Et pourtant, elle semble complètement absurde, mais sur les ondes de la BBC, la PDGère ne s'est pas démontée. S'il s'agit de faire payer le feuilletage aux lecteurs, difficile de croire que cela puisse tenir la route, et rapatrier les lecteurs dans les librairies : sur internet, on peut aisément découvrir des extraits, suivant des méthodes variées. Globalement, dans l'esprit de Victoria, il faudrait transformer partiellement les librairies en des sortes de club de lecture, où l'on verserait une cotisation pour pouvoir naviguer dans les livres. 

 

De véritables show-rooms, que les librairies sont actuellement en passe de devenir, et qui permettraient l'exhibition de livres, avant de conforter l'achat en ligne ? D'ailleurs, un problème se pose : des espaces où l'on peut lire, et emprunter des ouvrages, contre une cotisation mensuelle, cela existe déjà : ce sont des bibliothèques. 

 

Pour autant, c'est bien le devenir de la librairie qui est au centre de la question : « Les lecteurs apprécient toujours un peu les lieux physiques, la question est : seront-ils capables d'acheter à l'intérieur, en fait ? » 

 

Selon Victoria, dans les prochaines années, l'industrie du livre numérique se stabilisera avec celle du papier, pour un équilibre 50-50, et les magasins feront face à une tendance plus accentuée des livres numériques à 99 cents. Elle est également revenue sur la question des DRM, précisant qu'il s'agissait là d'un mal nécessaire. « Si vous n'en avez pas, le risque est que l'on partage beaucoup les livres... mais les conserver permet à des revendeurs comme Amazon de continuer à garder leur petit pré carré, ce qui n'est pas une bonne chose. »