Pays-Bas : des négociations avivent la crainte d'une “privatisation” de la science

Antoine Oury - 07.11.2019

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Aux Pays-Bas, les universités, réunies en consortium, négocient régulièrement avec les éditeurs de contenus scientifiques et académiques. C'est dans le cadre d'une de ces sessions de négociations qu'a été mise sur la table la possibilité d'un accès ouvert total aux publications du groupe Elsevier, en échange d'une exploitation élargie des données liées à l'édition scientifique.

Foire du Livre de Londres 2019
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Dans un document daté du 1er octobre, qui évoque les négociations en cours entre le groupe Elsevier et le groupe d'universités néerlandaises VSNU, une des propositions de l'éditeur de journaux scientifiques consiste en un accès ouvert à tous ses titres en échange d'une collaboration autour de l'exploitation des données, « pour enrichir et approfondir les politiques scientifiques ».

Une option considérée très sérieusement par les négociateurs de la VSNU, mais qui a rapidement soulevé une polémique dans le milieu académique, dès la révélation du document par ScienceGuide. Cet échange de bons procédés se solderait par une absence de hausse des tarifs d'accès aux publications d'Elsevier, tout en profitant de l'open access.

« Elsevier est disposé à travailler avec nous pour passer du modèle d'abonnement actuel à un nouveau modèle commercial basé à la fois sur l'édition et sur un logiciel sur mesure qui pourrait servir les intérêts des universitaires et des institutions néerlandaises dans l'analyse et la production de résultats scientifiques », indique le document des négociations.

La recherche d'un nouveau modèle économique par Elsevier s'explique facilement : avec l'émergence de l'open access et de publications scientifiques en accès libre, ainsi que la volonté des chercheurs de partager plus facilement les résultats de leurs recherches, le cœur des activités du groupe connait un bouleversement profond.

Le partage de données ne serait pas obligatoire pour les universités, même si un éventuel accord préciserait des seuils minimums de participation, et les institutions et chercheurs resteraient propriétaires de leurs données.
 

Une relation toxique avec un vendeur


Mais la perspective d'une exploitation des données de la communauté scientifique n'enchante guère. « Par le passé, la communauté universitaire a commis l’erreur de laisser les éditeurs commerciaux s’approprier le processus de publication universitaire, et nous nous battons maintenant pour récupérer ce qui nous appartient. Nous ne devrions pas faire cette erreur avec les données », assure Gerard Meijer, qui fut négociateur pour la VSNU.

La crainte d'une mainmise sur les données de la communauté scientifique néerlandaise est balayée par le document de négociation, qui précise que chaque université restera libre « de développer ses propres logiciels ou services ou d'acheter ceux d'un autre vendeur ». Mais l'accès aux données pourrait sans aucun doute donner un avantage substantiel à l'éditeur...
 


« Nous déciderons toujours ce que des tiers tels qu'Elsevier peuvent et ne peuvent pas faire avec ces (méta) données. Les discussions sont en cours et, s'il y a un résultat, il sera bien entendu rendu public », assure VSNU dans un message publié sur Twitter.


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