Pays-Bas : L'open access, motif de discorde entre les universités et Elsevier

Antoine Oury - 05.11.2014

Edition - Les maisons - Reed Elsevier open access - universités Pays-Bas - Association VSNU


L'association des universités néerlandaises (VSNU) annonce que les négociations avec l'éditeur de contenus académiques Elsevier sont complètement bloquées. En cause, l'accès ouvert, ou open access, aux publications académiques, que les universités veulent voir étendu à plus de matériaux, ce à quoi l'éditeur se refuse.

 


Frankfurt Book Fair - Elsevier

À la Foire de Francfort 2013 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les universités néerlandaises souhaitaient pouvoir accéder et rendre disponibles les publications académiques du pays en open access, après paiement d'une licence unique. Elsevier aurait proposé, au contraire, d'ajouter une redevance aux abonnements actuellement payés, au titre de l'accès ouvert. « Nous avons trouvé cela inacceptable », martèle Gerard Meijer, négociateur pour la VSNU. « Nous allons à présent informer nos chercheurs des conséquences de ce point mort. »

 

Autrement dit, les publications de Elservier, à partir du 1er janvier, ne seront plus accessibles aux chercheurs du pays, même si les archives resteront disponibles. « Le système est devenu complètement hors de contrôle ces dernières années. Les auteurs n'ont même pas de droit sur leurs articles », ajoute Meijer. Le système éditorial académique est particulier, puisque l'auteur ou le commanditaire d'une recherche paye un éditeur, afin de donner de la résonnance à la publication, et d'en favoriser la diffusion. Mais l'open access, soit l'accès gratuit aux documents, change la donne.

 

La VSNU a mis en avant la volonté exprimée par le gouvernement néerlandais, et notamment par le Secrétaire d'État à l'Éducation supérieure Sander Dekker, de favoriser l'accès ouvert aux publications de recherches financées par l'argent public.

 

« L'ironie, c'est que nos chercheurs et auteurs sont ceux qui remplissent les journaux académiques de Elsevier. 10.000 articles par an, que les chercheurs veulent voir largement accessibles, et sont même prêts à payer pour l'open access. Mais Elsevier a une position monopolistique, et refuse de céder. Donc il faut toujours payer pour accéder à ces publications, ce qui signifie qu'elles sont moins lues. Ils peuvent faire cette transition, mais ils ne veulent pas », résume un observateur.

 

Un porte-parole de Elsevier est intervenu, pour tenter de calmer le jeu : « Les chercheurs, y compris ceux des universités néerlandaises, peuvent publier dans plus d'une centaine de journaux en accès libre chez Elsevier, et dans les 1600 titres qui proposent une option d'open access. » Les négociations avec d'autres éditeurs, comme Springer ou Wiley, se déroulent mieux, précise la VSNU.

 

À la fin de l'année dernière, les universités françaises se sont elles aussi heurtées aux conditions, tarifaires cette fois, imposées par Elsevier. Un accord avait finalement été trouvé, à la dernière minute. Pour les 9 premiers mois de l'année 2014, le groupe Reed Elsevier a annoncé un chiffre d'affaires en hausse de 4 %.