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PD James, persuadée d'avoir résolu un crime commis en 1931

Antoine Oury - 29.10.2013

Edition - International - PD James - cas Wallace - affaire non résolue


Le rêve de tout auteur de romans policiers, probablement : PD James, des années et des années d'écriture de polars derrière elle, assure aujourd'hui qu'elle a résolu une affaire, inexpliquée depuis 1931. Le cas Wallace, c'est le nom du cold case, avait gardé tous ses mystères après la victoire en appel du principal suspect, époux de la victime...

 

 

Digbeth Police Station

Le commissariat de police de Digbeth, en Grande-Bretagne (ell brown, CC BY 2.0)

 

 

PD James n'est pas la seule à s'être penchée sur l'affaire : Raymond Chandler lui-même s'y est cassé les dents, surnommant le cas Wallace « une énigme policière sans pareille ». La sombre histoire du meurtre de Julia Wallace, le 20 janvier 1931, assassinat jamais résolu après la levée des soupçons sur la culpabilité de son mari, William Wallace.

 

Celui-ci avait déclaré un appel d'un certain R.M. Qualtrough, reçu à son club d'échec, la veille du meurtre, lui donnant rendez-vous le lendemain. S'attendant à un interlocuteur professionnel, William Wallace ne trouvera finalement personne. À son retour chez lui, il trouve son épouse quasiment morte. En février, il est reconnu coupable du crime, avant qu'un passage en appel - le premier dans l'histoire de la justice britannique - ne lève sa condamnation à mort.

 

Un crime parfait - sans armes, sans motif, et surtout sans réel coupable - que PD James assure avoir résolu, ou du moins quelque peu démêlé : d'après elle, l'appel n'était pas un alibi façonné par William Wallace, mais une mauvaise blague signée Richard Parry, un jeune homme de 22 ans, au chômage suite à une décision de Wallace. Le farceur avait reconnu avoir passé l'appel, mais la cour y voyait plutôt une alliance de circonstance, pour l'alibi, encore une fois.

 

Or, d'après PD James, « aucune personne sensée n'aurait pu accorder du crédit à la coïncidence : Wallace qui tue son épouse le soir même où un mauvais plaisantin lui fait une blague, et lui fournit ainsi un alibi ». Et pourtant : la santé psychologique de Wallace n'était pas des plus resplendissantes, et le calembour aurait fini de la faire sombrer dans la folie meurtrière, son épouse en faisant les frais : « Peut-être qu'en lui portant le coup qui lui fut fatal, et les 10 suivants, il assassinait aussi des années d'humiliation et de déception à répétition », explique James.

 

Dans deux de ses romans, L'île des morts (1982) et La salle des meurtres (2003), PD James fait référence à l'affaire, mais sa théorie lui est apparue « comme une conviction absolue ». En 2002, Patricia Cornwell avait annoncé la résolution d'une autre affaire, non moins célèbre : Jack l'Éventreur, d'après elle, se cachait sous les traits du peintre britannique Walter Sickert. L'auteure avait entamé une collection de ses tableaux, et s'était même offert son bureau.

 

Quand l'auteur se change en son personnage...