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Pearson abandonne Penguin Random House au profit de Bertelsmann

Antoine Oury - 18.01.2017

Edition - Les maisons - Pearson Penguin Random House - Penguin Random House - Bertelsmann Penguin Random House


Le groupe d'édition britannique Pearson a l'intention de céder les parts qu'il possède dans le supergroupe international Penguin Random House, ce qui pourrait profiter au groupe allemand Bertelsmann, qui en possède l'autre moitié. Bertelsmann pourrait ainsi mettre la main sur un des groupes les plus puissants de l'édition mondiale. 

 

Penguin Random House, The Girl On The Train - Frankfurt Buchmesse 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Si les annonces du groupe Pearson relatives à ses mauvais résultats ont fait chuter le cours de son action en Bourse de 25 %, elles n'étonneront pas vraiment le secteur de l'édition. Depuis plusieurs mois, le groupe britannique, spécialisé dans l'éducation, accumule les mauvais trimestres et les résultats financiers décevants.

 

En janvier 2016, il imposait même une restructuration, laquelle avait abouti à la suppression de 4000 emplois.

 

À l'inverse, le groupe allemand Bertelsmann affiche une insolente bonne santé économique, avec 1,1 milliard € de bénéfices annuels en 2015, et des prévisions très optimistes pour ceux de 2016.

 

Or, Pearson et Bertelsmann se partagent le supergroupe Penguin Random House, avec, respectivement, 47 et 53 % des parts du groupe. Dans un communiqué publié ce 18 janvier, Pearson annonce son intention de se retirer du groupe, et donc de vendre ses parts.

 

« Alors que l'intégration de Penguin Random House est complète et qu'une certaine stabilité est confirmée sur le numérique, nous prévoyons de publier un préavis de sortie vis-à-vis de nos parts au sein de Penguin Random House, adressée à notre partenaire Bertelsmann comme le prévoient les clauses contractuelles, pour vendre nos parts ou recapitaliser la société et générer un dividende », explique le communiqué de Pearson.

 

Évidemment, le partenaire Bertelsmann ne cache pas son intérêt : « Nous sommes ouverts à l'augmentation de nos parts dans Penguin Random House, si les conditions financières sont équitables », a déclaré Thomas Rabe, PDG de Bertelsmann.

 

L'annonce de Pearson est probablement motivée par la grogne des actionnaires du groupe, qui se plaignent depuis le début de l'année 2016. Le rapport du groupe pour le 4e trimestre 2016 est pessimiste : Pearson met en avant une contraction des activités liées à l'éducation supérieure aux États-Unis et fait état d'un chiffre d'affaires en baisse de 8 %, mais promet des bénéfices en hausse. Le groupe promet de mettre un coup d'accélérateur à sa transition numérique en matière d'offre pédagogique, mais aussi de proposer 2000 livres numériques à moitié prix et d'investir dans un système de prêt de manuels scolaire papier, entre autres.

 

L'année 2017 commence bien pour Bertelsmann, en tout cas, qui devra peut-être compter avec l'avis des autorités de la concurrence, malgré tout, avant de s'offrir la mainmise sur une bonne partie de l'édition mondiale...