Pearson espionne les participants à un test d'évaluation scolaire

Julien Helmlinger - 16.03.2015

Edition - Les maisons - Pearson - PARCC - Test d'évaluation


En ce moment, aux États-Unis, sont passés les tests d'évaluation scolaire qu'administre Pearson, dans le cadre de son PARCC. Un journaliste a révélé que la maison d'édition espionnait l'activité des élèves sur les réseaux sociaux afin de s'assurer qu'aucune faille de sécurité du programme ne soit détournée à des fins malhonnêtes. Alors que ces tests ne faisaient déjà pas l'unanimité parmi les parents d'élèves, cette pratique ajoute sa part de trouble.

 

 

Illustration de 1984 par Jonathan Burton

 

 

Le PARCC, Partnership for the Assessment of Readiness for College and Careers, est un consortium ayant obtenu 360 millions de dollars de fonds fédéraux pour concevoir ses nouveaux tests d'évaluation scolaire standardisés, actuellement passés par des étudiants à travers divers États américains, dont le New Jersey. Un programme qui vient de gagner quelques nouveaux détracteurs.

 

Des enseignants ont transmis un courriel du surintendant du district scolaire du New Jersey au journaliste Bob Braun, lequel a fait éclater le scandale dans la presse : adressé à une liste de diffusion, celui-ci pointe une « faille de sécurité », précisant qu'un élève aurait publié un tweet faisant mention aux tests.

 

Mettant à profit la surveillance en ligne, la maison d'édition en a appelé aux sanctions de l'administration scolaire, visant un élève ayant mentionné l'un des tests en cours, en échangeant en ligne avec un de ses camarades. Une pratique de flicage qui pour les critiques s'apparenterait au placement de micros dans les cantines pour vérifier qu'aucune info ne soit échangée lors de la pause.

 

Il a ainsi été reproché à l'élève d'avoir tweeté une image pendant qu'il passait son test, mais après enquête du Department of Education, il s'est avéré que l'accusé n'était finalement coupable d'aucune tricherie. Mais si l'administration scolaire avait donné foi à l'éditeur, sans mener plus de vérifications de son côté, le jeune homme aurait injustement pu être suspendu ou renvoyé de son école.

 

Pearson a confirmé l'espionnage tandis que les réactions incendiaires ne se sont pas fait attendre. Alors que des parents n'étaient pas favorables au programme de Pearson, la grogne n'en a été que renforcée. L'éditeur a pour sa part déclaré, via une porte-parole, que ce type de vérifications visait à garantir une évaluation « équitable » avec des résultats « dignes de confiance et valides ».

 

D'autres tests d'évaluation scolaire se sont déjà accompagnés de telles pratiques de surveillance drastique, mais les statistiques ont démontré une certaine inefficacité à déceler des tricheries. Pour le surintendant du district scolaire, la protection de la vie privée des élèves resterait donc la « priorité ».