Pearson garde sa position de leader de l’édition mondiale

Orianne Vialo - 29.08.2016

Edition - Les maisons - Pearson leader édition mondiale - classement groupe édition - classement 2016 édition mondiale


D’après un classement établi par l’hebdomadaire spécialisé Livres Hebdo, le groupe britannique Pearson reste numéro un mondial de l’édition. Avec un chiffre d'affaires de 6,07 milliards €, Pearson devance trois groupes d’édition professionnelle : l’Américain ThomsonReuters (5,29 milliards €), l’anglo-néerlandais RELX Group (4,77 milliards €) et le Néerlandais Wolters Kluwer (4,20 milliards €).

 

(keso s, CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Ce classement répertorie 52 groupes éditoriaux issus de 14 pays. Il est basé sur les chiffres de 2015, et permet de voir que les groupes classés représentent un chiffre d’affaires cumulé de 63,7 milliards €, en hausse de 8,8 % par rapport à 2014. L’enquête 2016 « confirme l’assainissement du secteur et l’expansion des plus grands groupes après les restructurations massives provoquées par la crise et les défis numériques ». 

 

C'est le groupe d’édition généraliste Penguin Random House qui arrive en 5e place dans le classement de Livres Hebdo, cité par l'AFP, avec un chiffre d'affaires de 3,71 milliards € en 2015. Il est suivi des groupes chinois China South Publishing et Phoenix Publishing et du principal éditeur français, Hachette Livre, avec un chiffre d'affaires de 2,20 milliards € en 2015. Cependant, si l'on ne tient compte que de l'édition généraliste, Hachette Livre occupe la deuxième place du classement.

 

Le groupe d'édition Editis se situe quant à lui à la 10e place du palmarès mondial, avec un chiffre d'affaires de 1,65 milliard € en 2015.

 

Avec 439 millions € de chiffre d'affaires en 2015, le groupe Madrigall — qui rassemble Gallimard, Flammarion et Casterman — se trouve à la 35e place du classement, devant Média-Participation, leader européen de l'édition de bande dessinée, qui occupe la 38e place avec 340 millions € de chiffre d'affaires. Le groupe La Martinière — composé des éditions Seuil, L'Olivier, Points, La Martinière... — est 46e du classement avec 225 millions € de chiffre d'affaires. Non loin derrière, le groupe Albin Michel statue à la 50e place, avec 178 millions € de chiffre d'affaires.

 

Pearson : leader du marché malgré « une stratégie commerciale confuse » 

 

Le groupe Pearson, fondé en 1844 par l’ingénieur Samuel Pearson, est présent en France depuis 1972. Au fil des années, il a recentré ses activités sur l’édition universitaire (42 % du chiffre d’affaires), scolaire (39 %) et professionnelle (19 %), notamment en vendant ses parts du groupe de presse du Financial Times, ainsi que 50 % de The Economist. Il a conservé 47 % du groupe d’édition généraliste Penguin Random House. Ce dernier a été créé en 2013 lors de la fusion de la filiale Penguin avec le pôle édition du géant de la communication allemand Bertelsmann.

 

En janvier de cette année, Pearson a pourtant décidé de se séparer de 4000 employés — soit 10 % de l’effectif total du groupe —, en prévision de baisses de bénéfices pour l’année 2016, estimées entre 580 et 620 millions £, et 55 pence par action, au maximum. « Les défis conjoncturels et politiques liés à nos plus grands marchés ont été plus prononcés, et vont durer plus longtemps que prévu », avait simplement commenté John Fallon, PDG de Pearson. La suppression de 4000 emplois permettra donc d'économiser 250 millions £ en 2016 et 100 millions £ l'année suivante.

 

Malgré ce plan de restructuration, une partie des actionnaires du groupe réclamait une nouvelle stratégie en mars dernier. La raison : une baisse du prix des actions du groupe, évaluées à 40 % en 7 mois, due, selon ses actionnaires, à « une crise de confiance provoquée par une stratégie commerciale confuse ».