Pédopornographie : des juges américains "devenus fous" (John Grisham)

Nicolas Gary - 16.10.2014

Edition - International - John Grisham - pornographie enfants - pédophilie délinquants


Romancier prolifique, mais également avocat, John Grisham est récemment intervenu sur une délicate question : celle de la pédopornographie. Avec 30 titres à son catalogue, l'écrivain a également travaillé durant 10 ans dans un cabinet d'avocats, avec une nette orientation, par la suite, pour les affaires criminelles. Sa prise de position risque d'attirer l'attention.

 

 

Commerce Committee Hearing on Advancing the Science of Forensics

 John Grisham (John D. (Jay) Rockefeller IV, CC BY 2.0)

 

 

Les personnes emprisonnées pour délinquance sexuelle ne devraient pas être traitées de la même manière, affirme Grisham, selon les actions dont elles ont été reconnues coupables. Ainsi, explique-t-il, regarder la vidéo d'une jeune fille mineure dans un film pour adultes n'est pas comparable à un acte de pédophilie. 

 

Et Grisham d'évoquer un ancien ami de l'école de droit, qui a passé trois années de prison pour avoir été pris à regarder des films pornographiques. Un excès de zèle souligne le romancier, alors que son ami était simplement ivre, au moment où il a visionné les films présentés sur le site. 

 

« Il n'aurait pas dû le faire, c'était stupide. Mais ce n'étaient pas des garçons de 10 ans. Il n'a touché personne. Et, mon Dieu, une semaine plus tard, on frappait à sa porte : “FBI !” et il é été embarqué par la Royal Canadian Mounted Police – la section qui s'occupe des délinquants sexuels – et il est allé en prison pour trois ans. »

 

Il poursuit : « Je n'ai aucune compassion pour les véritables pédophiles. Seigneur, s'il vous plaît, retenez ces gens. Mais beaucoup de personnes ne méritent pas de lourdes peines de prison, et c'est ce dont ils écopent. » Délinquants sexuels, considérés comme le serait un pédophile confondu, tout cela est assez délicat. 

 

Le système judiciaire américain, dénonce-t-il, est mal fichu sur ce point. « Trop de gens vont en prison », et de souligner qu'en 2012, 25 % des prisonniers du monde se trouve dans les prisons US, alors que la population des États-Unis ne représente que 5 % de la population mondiale. 

 

« Nous avons aujourd'hui des prisons remplies de mec de mon âge. Soixante ans, hommes blancs, emprisonnés alors qu'ils n'ont jamais fait de mal à personne, n'ont jamais touché un enfant. Mais ils se sont retrouvés sur internet, et ont commencé à surfer, probablement en buvant trop, ou n'importe quoi d'autre, et ont cliqué sur le mauvais bouton, sont allés trop loin, et ont vu de la pornographie infantile. »

 

Et de conclure que les juges américains « sont devenus fous », au cours des 30 dernières années.

 

(via The Telegraph)