Peggy Fortnum, la dessinatrice de l'ours Paddington, est décédée

Joséphine Leroy - 06.04.2016

Edition - International - ours paddington - Peggy Fortnum


Peggy Fortnum, décédée à l’âge de 96 ans ce 28 mars 2016, s’était fait connaître en tant qu’illustratrice des livres jeunesse de Michael Bond. Elle a été la première à créer un visuel pour la série de livres écrits entre 1958 et 2012. 

 

Paddington Bear

(tom_bullock / CC BY 2.0)

 

 

Née, en 1919, à Harrow on the Hill, dans le nord-ouest de Londres, l’écolière qu’elle fût était déjà obsédée par le dessin. En 1939, elle intègre la Tunbridge Wells School of Art mais elle n’y reste que très peu de temps. Témoin du bombardement de Londres en septembre 1940, elle décide de rejoindre l’Auxiliary Territorial Service (ATS), la branche féminine de la British Army pendant la Seconde Guerre mondiale. « Je ne voulais pas me retrouver à la défense intérieure mais je voulais directement aider au combat », racontait-elle. 

 

À son retour, elle est victime d’un accident de transport et après une longue période de convalescence, elle retourne à l’école pour finalement étudier à la Central School of Art. Vite repérée par le graveur sur bois John Farleigh, elle apprend à relâcher son trait, le rendant plus fluide et plus léger. Ironie du sort, il lui a appris qu’elle avait toutes les chances de réussir dans le dessin, sauf si elle se décidait un jour à dessiner des animaux costumés et parlants. Heureusement, elle n’écouta pas ce conseil maladroit. 

 

En 1958, elle dessinait sur commande en noir et blanc. Des années plus tard, on peut voir l’ours aventureux porter des vêtements colorés. Jusqu’en 1983, elle alternait avec d’autres dessinateurs qui ont continué à dessiner l’ours tel qu’elle l’avait imaginé, tout en apportant leurs touches personnelles. C’est en 1998 que les albums sont ressortis à l’occasion du 40e anniversaire des illustrations de Peggy Fortnum. 

 

Dans ses premières lectures du manuscrit (A Bear Called Paddington), la dessinatrice a été charmée par cet ours parlant. Elle avait visité le zoo de Londres et photographié des ours pour s’accrocher le plus possible à la réalité : « Au début, je n’étais pas vraiment sûre de connaître l’anatomie d’un ours », confiait-elle. « Je ne savais pas quoi faire de ses pattes. J’ai mis une éternité à finaliser tout ça. »

 

Elle racontait les difficultés, peu concevables pour certains : « Le trait devait être expressif. J’ai fait énormément de dessins. Les dessins humoristiques sont bien plus difficiles à faire que les autres. Je me souviens qu’un agent me disait : "Tout le monde peut dessiner des ours !" ». De même, elle voulait rendre la famille Browns aussi réaliste que l’ours. Là encore, elle avait pris une photographie de son neveu et de son père marchant à Londres comme modèle. 

 

Hormis l’ours célèbre, Peggy Fortnum a illustré d’autres livres jeunesse, comme Little Pete Stories, de Leila Berg en 1959 ou encore Thursday’s Child de Noel Streatfeild en 1970. Malheureusement, son arthrite l’empêche de continuer à ce rythme. Les enfants restent, eux, marqués par l’itinéraire émouvant de l’ours Paddington, et c’est le plus important ! (via The Guardian

 

En 2014, un film produit par le producteur d’Harry Potter revenait sur l’histoire de l’ours péruvien :