Peillon, un couteau sous la gorge du Printemps des poètes

Clément Solym - 04.10.2012

Edition - Société - Printemps des poètes 2013 - annulation - Education nationale


L'annulation possible de la grande manifestation Le Printemps des poètes a provoqué une immédiate levée de boucliers. Ainsi, peu après que Jean-Pierre Siméon a diffusé l'information, invitant à solliciter le ministre de l'Éducation nationale. En effet, ce sont 40 % des aides perçues qui venaient de disparaître, menaçant sérieusement l'événement pour 2013.

 

 

Vincent Peillon

Parti socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Selon Jean-Pierre Siméon, le ministère « n'a pas bien perçu les répercussions d'un arrêt de la manifestation », expliquait-il à ActuaLitté hier. Et au Centre national de Ressources pour la poésie, le constat était morose : « Même s'ils n'ont aucun rapport direct entre eux, nous nous retrouvons face à une convergence de faits qui pourraient être préjudiciables pour la promotion de la poésie : la réforme du CNL, la fermeture programmée de la Maison de la Poésie... » (voir notre actualitté)

 

L'équipe permanente de 5 personnes, qui effectue un suivi interprofessionnel sur l'année, considère la décision du ministère comme un « contresens » ou un « paradoxe », d'autant plus que le bilan du Printemps est « particulièrement bon, et le ministère en est conscient », souligne Jean-Pierre Siméon, qui estime que le gouvernement « n'a pas bien perçu les répercussions d'un arrêt de la manifestation ».

 

L'Union des poètes vient de faire parvenir sa contribution, ce 4 octobre, en interpellant le ministre, Vincent Peillon, considérant que la décision met « le couteau sous la gorge de cette association ». Nous publions sa lettre dans on intégralité.

 

Monsieur le Ministre de l'éducation nationale,

Nous saluons la politique de votre gouvernement qui, suite à l'engagement du Président de la République, fait de l'éducation une priorité nationale. Dans ce cadre, vous souhaitez donner toute son ampleur à l'action culturelle auprès des élèves de nos écoles. Vous avez mille fois raison : le rapport direct avec les créateurs vivants qui interviennent dans les classes est une des meilleures façons de donner aux enfants le goût de la culture, et notamment de la poésie. 

Nous sommes étonnés d'apprendre qu'une décision contraire à cette politique a été annoncée. En effet, l'association du Printemps des poètes vient d'apprendre bien tardivement, en septembre 2012, la réduction de 40% (soit de 60.000 € ) de votre subvention… pour 2012 ! Vous en conviendrez, c'est mettre le couteau sous la gorge de cette association qui ne dispose pas d'un fonds de roulement suffisant pour survivre. C'est aussi entamer gravement un soutien qui a été constamment renouvelé depuis quinze ans ! 

En agissant ainsi, on empêche le Printemps des poètes de continuer de réaliser ses actions en milieu scolaire, de la maternelle à l'université. Du même coup, on prive les poètes qui mènent ces actions d'un revenu qui constitue un soutien significatif à leur création, et on prive la poésie d'un vecteur de diffusion 

Nous vous demandons instamment de revenir sur cette décision, ou tout au moins de trouver un dispositif qui permettra au Printemps des poètes de ne pas disparaître.  

Dans cet espoir nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de notre très respectueuse et attentive considération

L'union des poètes 

 

L'union des poètes se donne pour buts de :

  • Promouvoir et défendre la poésie vivante dans toutes ses composantes, sans exclusive.
  • Représenter et prendre la défense des poètes auprès des diverses instances concernées : pouvoirs publics, organisations diverses, médias…
  • Agir pour le soutien de la création poétique et pour le maintien d'une production éditoriale et d'une diffusion indépendantes.
  • Agir pour développer la lecture de la poésie

Son bureau est composé de Paul de Brancion, président ; Mathias Lair, secrétaire général ; Brigitte Gyr, trésorière.

 

La Société des Gens de Lettres et l'Union des écrivains ont manifestement réagi vivement à cette nouvelle, mais nous ne sommes pas encore parvenus à contacter ces organisations pour obtenir leur réaction.

  

Mise à jour : 

 

Voici le texte signé de l'Union des Ecrivains, et envoyé ce 3 octobre à Vincent Peillon.

Monsieur le Ministre de l'éducation nationale,

Depuis quinze ans, votre ministère soutient, en partenariat avec le Ministère de la culture, l'action du printemps des poètes. Depuis quinze ans, le printemps des poètes organise des actions en milieu scolaire, de la maternelle à l'université. Ces interventions des poètes contribuent à faire que nos enfants, et nos adolescents d'aujourd'hui, deviennent des adultes à part entière, non tentés de réagir par la violence quand leur condition est malheureusement défavorable. 

Nous apprenons que votre ministère vient de décider de diminuer de 40%, soit de 60.000 €, sa subvention pour 2012. Ce qui condamne le Printemps des poètes à disparaître.

Nous vous demandons instamment de revenir sur cette décision, ou de trouver un aménagement qui permette au Printemps des poètes de continuer ses activités.

Dans cet espoir nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de notre attentive considération.

L'union des écrivains

 

 La SGDL, pour l'heure, n'a pas encore répondu à nos demandes. Probablement demain. 

 

Union des poètes : Lettre Ouverte à VIncent Peillon Printemps des poètes 2013

 

 Union des écrivains : Lettre Ouverte à VIncent Peillon Printemps des poètes 2013