Pendant les vacances, le roman social fait recette

Clément Solym - 06.08.2012

Edition - Société - roman social - aude walker - conditions de travail


Le roman social apparaît dès le XVIIIe siècle alors que les romanciers se plaisent à user de la fiction pour argumenter. L'apogée du genre arrive au XIXe siècle avec Zola et Balzac. Cet été, demandeurs d'asile, femmes de ménage, employeurs floués, fonctionnaires envahissent les pages des livres. Qui a cru que le roman social était désuet ?

 

reading under the sun

 (auteur : -Dreamflow-)

 

Voici l'ère du « roman social ». C'est la grande nouveauté annoncée par l'AFP pour cet été. Et les exemples d'ouvrages fusent. Alors pourquoi ne pas s'emparer du Journal ambigu d'un cadre supérieur d'Etienne Deslaumes, qui dresse portrait grinçant du monde du travail et de ses mesquineries ou des Tribulations d'une caissière, d'Anna Sam, qui raconte le quotidien d'une employée de caisse ? Quoi de plus jouissif, finalement, que de lire, les pieds dans l'eau, le malheur des gens qui travaillent en ce mois d'août et de façon si terrible durant l'année.

 

Gérard Mordillat, de son côté, se lance dans la lignée des grands auteurs du XIXe siècle en publiant des ouvrages sur le monde ouvrier, comme Rouge dans la brume ou Les vivants et les morts (une histoire d'amour sur fond de fermeture d'usine). Voilà des livres parfaits pour les enfants qui ne voudraient plus lire Zola.

 

Bref, des livres et des livres sont a recenser pour le plus grand bonheur des vacanciers qui veulent s'instruire sur le monde du travail, dans sa plus grande noirceur, ou pour ceux qui culpabilisent de trop de profiter du soleil sans rien faire. Pour les plus fainéants d'entre eux, des BD se déclinent sur le même « genre » : Derniers retranchements d'Hervé Le Corre, ou l'histoire, entre autres, d'une femme de ménage qui vole son employeur ; et des nouvelles : Petites natures mortes au travail, de Yves Pagès, décrit des tranches de vie toujours simples mais jamais réellement enthousiastes, comme celle d'une employée de Pôle Emploi qui passe de l'autre côté de la barrière ou d'un salarié d'un parc d'attractions condamné à porter un costume de Pluto.

 

Pour couronner le tout, le « roman social » vient d'obtenir la création d'un prix, à l'initiative de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). L'heureux gagnant de cette année qui ouvre les futures cérémonies est Aude Walker avec Un homme jetable (sur les salariés du nucléaire).

 

A retenir : Zone de choc de Pierre Conesa sur les méandres de l'administration (on connaît tous) et l'humoristique Animal lecteur de Libon et Sergio Salma, sur les coulisses du métier de libraire.