Pépins, miette ou croute : la littérature jeunesse, ça gagne quoi ?

Julie Torterolo - 24.11.2015

Edition - Economie - littérature jeunesse - rémunération auteurs - livre Montreuil


D’ici une semaine débutera le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Durant six jours, du 2 au 7 décembre, la manifestation mettra les enfants au cœur des littératures jeunesse. Et les auteurs pas trop loin, assurément. L’édition 2014 avait déjà des goûts de revendications sociales pour les créateurs : 2015 pourrait bien revenir à la charge...

 

 

 

« Nous avons amorcé un mouvement qui ne s’arrêtera pas en si bon chemin », expliquait la présidente du Conseil Permanent des Écrivains, Valentine Goby à ActuaLitté. C'était l’année passée, certes, mais pour cette édition, si l’on prend le temps d'y regarder de près, les revendications que porte la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse sont assez peu changées.

 

Dans un communiqué adressé à l’ensemble de la presse, l’organisation fait valoir que certes le SLPJ est un moment où l’attention est focalisée sur la littérature jeunesse. Au moins « on entend brièvement parler de la littérature jeunesse en France ». Mais c’est aussi l’occasion de rappeler à quel point la « sous-rémunération des auteurs et illustrateurs est méconnue ». Et ce, que l’on parle des professionnels du livre, autant que des lecteurs. 

 

Et la Charte, patiemment, de rappeler : 

 

La littérature jeunesse est un secteur de l’édition florissant (près d’un livre vendu sur cinq est un livre jeunesse), or les auteurs en vivent de plus en plus mal. 

Savez-vous que la part moyenne des droits d’auteur en littérature jeunesse est de 6 %, à partager entre auteur et illustrateur pour les albums, lorsqu’elle est de 10 % en littérature adulte et en BD ? 

 

 

La différence, qui n’a pas cours dans les autres pays de l’Europe, ne trouverait pas plus « de réponse satisfaisante » auprès des éditeurs, indique la Charte. « Est-ce lié au mépris dont souffre la culture destinée aux enfants et aux adolescents, nos lecteurs seraient-ils indignes d’une vraie littérature ? », s’interroge-t-on. Le mouvement, qui ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, avait déjà donné l'occasion de quelques prises de parole. 

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que la Charte a commencé à alerter les médias à travers des tribunes et une pétition signée par plus de 4600 personnes. 

C’est une première étape pour lever l’omerta qui entoure nos réalités sociales, mais nous voulons aller plus loin. 

 

 

Alors poursuivant l’œuvre de sensibilisation de l’interprofession, mais également l’éveil des journalistes à cette question, la Charte décide de jouer la carte ludique. On trouvera ainsi, cette année, « des marque-pages qui indiquent la répartition des gains sur le prix du livre jeunesse dans la chaîne du livre, et qui tirent la sonnette d’alarme sur la précarité dans laquelle nous plongent nos rémunérations dérisoires ».

 

Parler des œuvres les fait connaître : il doit en être de même pour la précarité des auteurs et illustrateurs jeunesse. Et qui sait : peut-être en parler la fera-t-elle finalement reculer ? Avec 450 exposants et 700 rencontres, le Salon du livre jeunesse a accueilli l'an passé 160.000 visiteurs, et s'imposerait comme le plus important d'Europe, assuraient les organisateurs, à la clôture de la 30e édition.