Persecutions intolérables des éditeurs indépendants en Iran

Clément Solym - 21.04.2011

Edition - Société - censure - harceler - editeurs


L'Association internationale des éditeurs vient de diffuser une lettre ouverte à Navanethem Pillay, Haut-commissaire à l'ONU. Dans celle-ci, l'IPA ne cache pas son inquiétude quant au sort des éditeurs et du droit à la liberté d'opinion et d'expression en Iran.

Depuis 18 mois, on assiste à une détérioration des droits de l'Homme dans le pays, et les éditeurs en font tout particulièrement les frais. « Depuis les élections de 2009, les autorités iraniennes ont systématiquement cherché à faire taire toutes les voix dissidentes, en arrêtant et harcelant les dirigeants de l'opposition, les militants des droits de l'Homme, avocats, journalistes, écrivains et éditeurs. »

La liste noire des personnes tombées sous le coup de cette tyrannie s'agrandit plus encore depuis janvier, alors que l'on découvre la mise en place d'une main mise d'un certain etablissment islamique.

D'autant que les éditeurs listés comme ennemis potentiels, ou dangers certains sont si variés dans leurs publications, que presque tous les champs de l'industrie sont visés. Cependant, les principaux restent les éditeurs de sociologie, philosophie, économie, politique et religion. Que l'on ne s'y trompe pas : sciences sociales, romans ou même nouvelles sont dans le même sac.

« L'inscription de ces éditeurs [sur la liste noire] les transforme en cibles potentielles. L'objectif - Intimider les éditeurs indépendants et limiter leur activité éditoriale - a été atteint », souligne l'IPA. « Cette liste noire est une attaque inacceptable contre les droits fondamentaux de l'Homme que les éditeurs doivent pouvoir exercer dans le cadre de leur profession, et servir la société à travers leurs livres. »

Ceux-ci ont subi de récentes pressions, lorsque les autorités leur ont interdit d'exposer à la Foire de Téhéran, qui draine le plus grand nombre de visiteurs chaque année. Le harcèlement de la part des autorités fiscales ou d'autres mesures de censures flagrantes menées par le ministère de la Culture et de l'Orientation islamique sont par ailleurs courantes.

Une situation qui ne peut perdurer estiment Jens Bammel et Bjørn Smith-Simonsen, secrétaire général et Président de l'IPA, signataires tous deux de cette lettre.