Perseus ne rejoindra pas Hachette Book Group, accord annulé

Clément Solym - 08.08.2014

Edition - Economie - groupe perseus - Hachette Ingram - fiction catalogue


Rien ne laissait vraiment entendre, la semaine passée, que le rachat du groupe Perseus par Hachette Book Group pourrait finir en eau de boudin. Dans un communiqué, la semaine passée, HBG expliquait que la signature était repoussée, d'un mois. Trois parties étaient impliquées dans le projet : HBG, Perseus et Ingram Content Group. Elles n'auront finalement pas réussi à s'entendre. 

 

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Dans un nouveau communiqué diffusé ce 7 juillet, Hachette Book Group annonce avoir abandonné son projet de rachat, et l'accord tripartite qui en découlait. D'un côté, la partie éditoriale devait revenir à Hachette, de l'autre, la partie distribution revenait à ICG. Ce dernier fournit quelque 38.000 revendeurs, bibliothèques et autres partenaires, avec 30.000 éditeurs de toutes tailles à travers le monde. 

 

Ce qui était intéressant, c'est que le groupe notait une certaine insuffisance dans l'alimentation en titres US pour ses éditeurs britanniques. Or, Perseus dispose d'une filiale anglaise, qui pourra participer à ce mouvement. Selon les estimations de Hachette, ses parts de marché seraient de 5,8 % pour le marché américain, avec Simon &Schuster à 7,5 %, puis HarperCollins à 10,5 % et Penguin Random House désormais fusionné à 27,7 %. 

 

Début juin, Michael Pietsch, Chief Executive Officer de Hachette Book Group, assurait : « Nous sommes enthousiastes à l'idée de réaliser cette acquisition. Elle apportera à Hachette Book Group un programme de nouveautés et un catalogue extraordinaires par leur variété, par leur attractivité et par la passion qu'ils véhiculent, et elle répond à notre volonté stratégique de nous développer et d'enrichir notre offre de non-fiction. »

 

C'était cependant sans compter sur l'intervention d'éditeurs distribués par Perseus, qui ne voyaient pas le départ vers ICG d'un bon oeil. Plus de 400 éditeurs indépendants se retrouvaient contraints de suivre le mouvement, et pas vraiment de plein gré. Pas besoin de calcul pour conclure que Ingram devenait alors, avec l'acquisition des services de distribution de Perseus, l'un des plus importants distributeurs de livres outre-Atlantique.

 

Sauf que non, et trois fois non : l'accord n'a pas été trouvé entre les trois acteurs, et l'on met en avant la complexité de l'opération, qui finalement n'a pas su se résoudre. David Steinberger, CEO de Perseus a pour sa part averti ses employés, regrettant que malgré les efforts des trois acteurs, le rachat n'ait pas réussi à se faire. Manifestement, c'est plutôt du côté de Ingram que les problèmes sont venus - bien qu'aucun des acteurs ne souhaite apporter de plus amples commentaires. 

 

Steinberger précise que désormais, sa société ira de l'avant. « Quand vous êtes une entreprise prospère, vous attirez les prétendants. Nous nous concentrerons désormais sur la consolidation de l'entreprise. »

 

Quant à HBG, l'optique de croissance par le rachat d'autres structures, devra être revue. Le phénomène de concentration que l'on observe un peu partout, notamment avec le rapprochement de Penguin et Random House, reste assurément d'actualité. L'opération de rachat aurait rapporté 6000 titres au catalogue de Hachette, presque tous dans le domaine du roman, avec un apport important sur la fiction