Personnel, salle de tri, espaces d'exposition... Les besoins de la Bibliothèque des femmes

Antoine Oury - 19.12.2017

Edition - Bibliothèques - Bibliothèque des Femmes - bibliothèque Marguerite Durand - bibliothèque féministe Paris


Pour les militants et militantes, la décision de la Mairie de Paris marquait une victoire : l'administration a renoncé, début décembre, au déménagement de la « Bibliothèque des femmes », la Bibliothèque Marguerite Durand, dans les locaux de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Christine Bard, présidente de l'association Archives du féminisme, coanimatrice du collectif Sauvons la BMD !, historienne spécialiste de l'histoire des femmes, du genre, du féminisme et de l'antiféminisme, nous expose quelques-uns des éléments nécessaires à la BMD pour accomplir pleinement sa mission.

 

Bibliothèque Marguerite-Durand.jpg

La médiathèque Jean-Pierre Melville, qui abrite la bibliothèque Marguerite Durand
(Celette CC BY-SA 4.0)

 

Le projet de déménagement de la mairie de Paris a attiré l'attention sur la situation de la bibliothèque Marguerite Durand, mais l'institution, fondée en 1931 et première bibliothèque officielle de documentation féministe, rencontre depuis des années des difficultés. Cette bibliothèque spécialisée, malgré son fonds très important, en partie constitué par les collections réunies par Marguerite Durand elle-même, ne dispose certainement pas du rayonnement qui devrait être le sien.

 

En effet, elle est hébergée par la médiathèque Jean-Pierre Melville, dans le 13e arrondissement de Paris, depuis des années : le projet de déménagement proposé par la ville de Paris proposait des locaux plus réduits à l'équipe de 7 personnes qui l'anime et à ses collections, selon les syndicats et les militants, mais l'espace actuel est déjà très restreint.

 

« Il y a tout d’abord un besoin d’espace de rangement pour pouvoir non seulement continuer d’enrichir et de conserver dans de bonnes conditions les collections du fonds général (livres, périodiques, photographies, affiches, dossiers…), mais aussi pour reprendre la collecte de certains fonds d’archives, en particulier parisiens, en partie suspendue depuis une bonne dizaine d’années », nous indique Christine Bard par email.

Les équipes de la bibliothèque manquent d'une salle de tri, par ailleurs, pour traiter les collections d'une manière plus efficace. Et, comme d'autres lieux d'archives, les effectifs sont trop réduits pour pouvoir suivre la cadence, nous précise Christine Bard.

 

Paris : la “bibliothèque des Femmes” Marguerite Durand
restera dans ses locaux

 

L'autre besoin nécessaire à l'amélioration du rayonnement de sa bibliothèque et de ses collections se trouve bien entendu dans les espaces pour accueillir le public : certes, seuls les ouvrages usuels sur le féminisme et l'histoire des femmes sont accessibles et consultables par le grand public, mais cela n'empêche pas l'organisation d'événements ou la valorisation du reste des collections.

 

« La bibliothèque manque d’espaces pour la valorisation des collections : pour des expositions (actuellement seulement 4 vitrines dans la salle de lecture) et pour des médiations culturelles (conférences, rencontres, ateliers, etc.) », explique Christine Bard. 

 

L'autre préoccupation concerne la numérisation des collections, qui a deux avantages : la conservation à long terme, d'une part, et l'accès au plus grand nombre, d'autre part. Pour Christine Bard, ce point est essentiel, « [m]ais on ne numérise jamais qu’un choix de documents dans les collections, c’est un travail très long et qui demande que les documents soient signalés et indexés en amont (et il faut du personnel pour cela) sinon la numérisation perd une grande partie de sa pertinence et de son intérêt ». Cette numérisation, précise l'historienne, ne doit pas se faire dans la perspective de réaliser « des économies de personnel et de lieux de conservation pour les documents originaux ».

 

Au-delà de l'écriture inclusive, à la découverte du féminisme


La ville de Paris nous a assuré, au moment du retrait du projet de déménagement, que cette décision découlait des discussions avec les différents partis concernés, et que des rendez-vous réguliers seraient pris pour imaginer ensemble l'avenir de la BMD.

En attendant, le budget, nerf de la guerre, n'est pas au beau fixe : « Il y a des budgets alloués chaque année, pour toutes les bibliothèques, à la fois pour les acquisitions, les abonnements, la reliure, la numérisation et pour l’action culturelle. Ils sont toujours “contraints” et ont tendance à baisser chaque année, mais cela n’est pas propre à la BMD », indique Christine Bard.

En somme, le combat se mène encore sur plusieurs fronts.

 


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