Pétition anti-DRM : détruire les ebooks ou les bibliothèques ?

Clément Solym - 05.05.2011

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Décidément, la décision de HarperCollins de limiter les usages de ses livres numériques en bibliothèques n'est pas passée inaperçue. En février, l'éditeur, par le biais de son prestataire, OverDrive annonçait son plan de bataille, pour conquérir les bibliothèques.

Tout allait passer par deux décisions que Steve Potash, PDG de OverDrive communiquait alors : d'abord, limiter le nombre d'utilisations de ses ebooks à 26 prêts, au terme desquels il faudra que l'établissement rachète le livre. Ensuite, limiter la consultation d'un exemplaire à un usager unique. (notre actualitté)

Pour Cory Doctorow, un des grands noms de l'édition numérique et du livre tout aussi numérique, la décision était complètement imbécile. « La chose importante à comprendre, c'est que le côté éphémère d'un livre imprimé n'est pas une caractéristique que nous devrions chercher à reproduire dans les médias. » Et peu après, on découvrait que les bibliothèques canadiennes suivaient le même chemin, avec les mêmes restrictions.

L'American Library Association avait elle-même vivement réagi, lorsque sa présidente Roberta Stevens s'est exprimée. Le danger était évident pour les établissements : « Le marché des ebooks est en pleine mutation. Nous encourageons les éditeurs à se tourner vers les bibliothèques comme des moyens d'atteindre et de se faire connaître d'un public plus varié. »

Et pour finir, dans l'intervalle, HarperCollins avait tenté une communication sur le sujet, pour assurer que rien n'était fixé. « C’est le nombre que nous avons fixé pour le moment, mais nous considérons ces prises de décisions comme un travail en cours […] Nous attendions une multitude de réponses et nous savions que nombreuses seraient les personnes qui feraient des propositions. » (notre actualitté)

Entre temps, une pétition a été mise en ligne pour demander que la maison revienne rapidement sur ses décisions, et surtout prenne conscience de leur caractère stérile. « S'il vous plaît, joignez-vous à nous pour exprimer votre opposition à cette politique d'autodestruction des livres. »

Avec désormais 53.000 signataires, et toujours aucune réaction de l'éditeur, on est encore en droit de se poser la question : quid ?

(via Galley cat)