Peu d'investissement pour l'ebook dans les bibliothèques US

Antoine Oury - 10.03.2014

Edition - Bibliothèques - bibliothèques US - budget - utilisation


La publication Library Journal, qui fait office de référence dans le milieu professionnel des bibliothèques, a réalisé un sondage sur les utilisations du budget d'acquisition de différents établissements. Les réponses étaient libres, mais couvrent des structures qui disposent d'enveloppes allant de 22.000 $ à l'année, à près de 6,3 millions. Les contenus numériques, s'ils ne représentent qu'une part minime des dépenses, ont bénéficié d'augmentations sensibles.

 


two girls studying in the library 4 Nov 2013

Deux filles étudient à la bibliothèque

(Naomi Chung's Daydream Art, CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Le rapport correspondant au sondage, publié sur le Library Journal, est particulièrement axé sur les livres numériques : il note d'emblée que, si les impressions globales ont chuté de 7 % en 10 ans, la part du budget allouée aux achats de livre papier reste stable par rapport à 2012, à 59 %. À présent, note encore le texte, 9 établissements sur 10 proposent le prêt d'ebooks, avec une prédominance des établissements qui servent plus de 250.000 usagers.

 

Les acquisitions de contenus dématérialisés ne représentent qu'une part minimale des budgets, équivalent globalement au quart de ces derniers. Ils sont particulièrement présents dans les bibliothèques au public important. La part consacrée à l'acquisition des livres numériques est passée de 1 à 7 % des budgets, en quelque 5 années.

 

Les différents postes budgétaires pour l'acquisition, selon la taille de l'établissement

 

 

Puisque les budgets ne sont pas extensibles, et malgré une augmentation de l'enveloppe globale de 1,5 % l'année dernière, le poste historique des livres papier a reculé depuis plusieurs années. Il a fallu s'équiper en livres numériques, mais également en MP3, livres audio ou films dématérialisés. Dans l'ensemble, chaque poste de dépenses est en hausse de 2 %.

 

Sans surprise, les bibliothèques rurales rendent compte du plus fort taux de circulation des livres papier, quand les établissements servant plus de 500.000 usagers enregistrent le plus fort défilé de livres numériques. L'ebook s'adapte logiquement à des publics équipés en lecteurs, où l'emprunt d'un exemplaire est rendu difficile par la fréquentation des établissements. Depuis 2011, les emprunts d'ebooks ont augmenté de 1% par an, rapporte le sondage.

 

Celui-ci fournit un peu plus de précisions pour ce matériau culturel : moins cher et plus facilement mis en prêt, il permet aux grands établissements d'assurer diversité et offre complète, tout en ménageant leurs budgets. Les bibliothèques de Sno-Isle, dans l'État de Washington, en ont fait l'expérience, mais précisent que leurs usagers sont des amateurs de numérique (l'établissement est à proximité d'un centre consacré aux nouvelles technologies).

 

Le rapport se termine sur un aperçu des différents genres empruntés, en fiction et non-fiction, qui montre des similitudes entre les deux supports. Avec quelques surprises tout de même : le genre science-fiction/fantasy est ainsi peu emprunté au format numérique, en bibliothèques, malgré des ventes souvent à la hauteur pour ce type de fictions. Ce qui tendrait à prouver que le prêt n'est pas incompatible avec la vente...